RDC : des militaires sont impliqués dans le trafic de bois, selon l’ONU

Le groupe d’experts des Nations Unies sur la République démocratique du Congo vient de publier son dernier rapport. Il revient notamment sur l’offensive de l’armée congolaise contre un groupe rebelle d’origine ougandaise, dans le nord-est du pays, les ADF, en cours depuis près de deux ans et qui échoue à en venir à bout. Les experts estiment que des militaires congolais seraient impliqués dans le trafic illégal de bois vers l’Ouganda, une activité qui expliquerait, en partie, le manque d’efficacité de leur offensive armée.

 

 

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Que ce soit en mai, en juin ou en juillet dernier, à plusieurs reprises, le groupe des experts dit avoir constaté l’implication d’officiers de l’armée congolaise dans l’exploitation et la vente illégale de bois dans la zone de Beni.

Deux soldats interrogés par le groupe ont affirmé avoir eu le choix entre se battre contre les ADF ou exploiter du bois dans la zone de Kamango pour leurs officiers. Même scénario au marché de Kasindi – plaque tournante du commerce de bois dans la région – où cinq marchands ont confirmé avoir acheté des cargaisons de planches à des officiers FARDC au cours des derniers mois. Enfin, des documents officiels, que le groupe d’experts affirme avoir pu consulter, font état du transport de planche au nom de 6 officiers FARDC.

En mars dernier, dans une déclaration publique, le commandant de l’offensive contre les rebelles ADF, le général Muhindo Akili Mundos, a lui-même condamné l’implication de certains officiers dans ce trafic. Une activité illégale que confirme aussi le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé qui affirme que des arrestations ont eu lieu. Du côté de la justice militaire, on confirme l’ouverture d’une enquête en janvier dernier mais elle se serait soldée par un non lieu.

Un trafic nuisible à l’offensive armée contre les ADF, les soldats étant dispersés avec cette double activité. De fait, malgré l’arrestation du chef de cette rébellion, Jamil Mukulu, « la chaine de commandement des ADF [..] est restée en grande partie intacte », estiment les experts des Nations unies.

Des experts qui constatent également que ni l’armée congolaise ni les Casques bleus n’ont su protéger la population civile des attaques répétées des rebelles ADF qui ont fait près de 500 morts entre octobre 2013 et juin 2014 dans une cinquantaine d’attaques distinctes.