La Tanzanie est toujours dans l’attente du nom du nouveau président choisi par les électeurs dimanche dernier. Le résultat devrait être annoncé jeudi 29 octobre. Pour l’heure, au décompte partiel, le candidat du pouvoir, John Magufuli devance celui de l’opposition Edward Lowassa. Chez les députés, l’opposition a raflé les provinces du Nord ainsi que Dar es Salaam. Coup de théâtre en revanche dans l’archipel autonome de Zanzibar qui élisait aussi son président du gouvernement local : le scrutin a été annulé.

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A Zanzibar, la tension est montée dès lundi quand le chef de l’opposition locale Seif Sharif Hamad a proclamé sa victoire sans attendre le résultat officiel. Puis la commission électorale de l’archipel a été encerclée par des forces anti-émeutes et chacun attendait avec impatience que cette commission publie la vérité des urnes.

Et puis la surprise est intervenue mercredi 28 octobre dans l’après-midi, avec l’annonce officielle de l’annulation pure et simple du scrutin, sans donner de date de report. Les autorités expliquent qu’il y a eu trop de fraudes, notamment des bureaux où il y aurait eu plus d’électeurs que d’inscrits. L’opposition ne croit pas à ce bourrage des urnes et affirme que le CCM, le parti au pouvoir, cherche un prétexte pour cacher sa défaite.

Ce n’est pas la première fois qu’un scrutin tourne au fiasco à Zanzibar. Il y a cinq ans, un conflit post-électoral s’était soldé par un partage du pouvoir entre un président CCM et un vice-président du parti d’opposition « Front civique uni ». Les mêmes se retrouvent adversaires cette année.

Selon le président de la Commission électorale nationale, l’annulation de Zanzibar n’aura pas d’effet sur le scrutin national. Il y a 23 millions d’électeurs en Tanzanie sur le continent, et seulement 500 000 à Zanzibar.