Bukavu, le 06 novembre 2015

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo, NDSCI, suit de très près et avec attention soutenue la situation socio-politique de l’ère qui sévit dans notre pays, la RDC.

La NDSCI observe une très grande agitation au sein de la classe politique et des institutions publiques depuis plusieurs mois. Avec des frondes au sein de certains partis politiques entrainant des exclusions et auto-exclusions des uns et des autres ; des révocations et démissions de certaines personnalités publiques…

La NDSCI observe aussi que cette vague tumultueuse  touche depuis un temps la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Après la démission de l’Abbé Apollinaire Malumalu Muholongo pour des raisons jusque-là peu connues ; on a aussi enregistré la démission du Vice – Président de cette même institution,  M. André Mpungwe, à la suite d’intenses pressions politiques. Et la liste n’est pas prête à être close. Ces démissions au sommet de cette institution d’appui à la démocratie, certaines suite à des pressions politiques, viennent renforcer le manque de confiance entre celle-ci et la majeure partie de la population congolaise. Des procédures  de remplacement de ceux qui  démissionnent  ne sont pas aussi  de nature à promouvoir la crédibilité de cet organe, pourtant vital pour la démocratie dans notre pays. Le choix de M. Corneille Nangaa, n’a pas fait l’unanimité au sein des confessions religieuses.  Le retour aux affaires à la CENI, de l’ancien Vice-président de la  CEI (Commission Electorale Indépendante)  et ancien Gouverneur ‘’RCD’’ du Sud-Kivu, le député national,  Norbert Basengezi Kantitima vient aussi ajouter au scepticisme d’un bon nombre de nos concitoyens en général et ceux du Sud-Kivu qui  le connaissent mieux, en particulier.

La NDSCI note avec déception l’existence dans un même pays de deux administrations provinciales totalement différentes. D’un côté, on a 5 gouverneurs de province élus par des assemblées provinciales et qui sont responsables devant celles-ci, et de l’autre, 21 commissaires spéciaux nommés par ordonnance présidentielle. Pour la NDSCI cette décision constitue une grave régression et dénis du droit légitime reconnu aux citoyens de se choisir leurs dirigeants, tel que consacré par la  constitution de la RDC (Art 5) et par la Déclaration Universelle des Droits de l’homme (Art.21, al.3).

La NDSCI observe aussi avec grande inquiétude que cette agitation politique est accompagnée  des violations et restrictions des droits et libertés fondamentaux des citoyens congolais.

Des menaces et autres intimidations à l’endroit de tous ceux qui pensent autrement, l’intolérance politique, des discours d’incitation à la haine et à la violence, des injures et autres quolibets sur des  voies publiques et à travers les médias, la censure sur certains médias, l’utilisation des médias publics, pourtant patrimoine de l’ensemble du peuple congolais, à des fins propagandistes,  des restrictions de manifester pour  tous ceux qui pensent différemment que le pouvoir…

La NDSCI constante aussi l’existence depuis quelques mois des négociations secrètes  entre le pouvoir en place et l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, un des partis de l’opposition. Des informations faisant foi à la disposition de la NDSCI renseignent de l’existence déjà d’un plan de partage de pouvoir entre ces deux forces politiques.

La NDSCI tient à rappeler à la face du monde que l’époque des négociations secrètes assorties de partage du gâteau est révolue et que le peuple congolais a opté pour la démocratie via des élections libres et transparentes comme seul mode d’accession au pouvoir.

La NDSCI  tient à marteler qu’il n’est plus le moment pour un groupe d’individus de continuer à prendre en otage tout un peuple pour leurs appétits gloutons et égoïstes. L’avenir et le destin de ce pays  repose désormais entre les mains de toutes ses filles et tous ses fils.

 

Face à tout ce qui précède et au vu de la situation de l’ère, la NDSCI :

  • Réaffirme son refus catégorique de tout dialogue visant à partager le pouvoir entre un groupe d’individus (qu’il soit de la majorité présidentielle, de l’UDPS et/ou tout autre parti, voire de tout autre groupe d’individus) ;

 

  • Réaffirme son refus catégorique de tout dialogue visant à réviser la constitution de notre pays dans l’unique objectif de rester au pouvoir. Le temps de présidence ad vitam est révolu et le Congo ne voudrait plus revivre une nouvelle dictature ni un régime dynastique, les durs 32 ans du régime Mobutu sont encore comme des plaies fraiches dans les cœurs des congolais ;  

 

  • Invite les parties prenantes au processus électoral, à savoir la majorité présidentielle, l’opposition, les forces vives et sociales ainsi que les partenaires bilatéraux, à se mettre autour d’une même table pour :
  • Elaborer un calendrier électoral consensuel avec pour priorité suprême l’élection présidentielle et législatives de novembre 2016 ;
  • Mettre en place des mécanismes fiables pouvant favoriser la tenue d’élections crédibles, transparentes ainsi que l’alternance politique apaisée au sommet de l’Etat. 

 

  • Lance un appel patriotique à l’endroit de l’ensemble de la population congolaise de résister par tous les moyens légaux et non violents afin de sauvegarder notre jeune démocratie. 

 

Pour la NDSCI,

Jean Chrysostome KIJANA,

Président National