Au Burundi, le procureur général de la République a demandé au ministère de la Justice belge d’extrader Antoine Kaburahé, le directeur d’Iwacu, le seul groupe de presse privé encore en activité dans le pays.000_Par8175222_0

Le directeur d’Iwacu se trouve actuellement en Belgique dans le cadre de recherches universitaires. Il affirme ne pas avoir fui le Burundi. Il y a 10 jours, le 16 novembre, Antoine Kaburahé a été entendu dans le cadre d’une enquête sur le déroulement du coup d’état manqué de mai dernier. Aucune interdiction de sortir du territoire ne lui avait été signalée et c’est pourquoi il se dit extrêmement étonné par cette demande d’extradition.

« Certains pensent que c’est une manière de faire taire Iwacu mais je ne vais pas faire un procès aux autorités de mon pays. Je vais malgré tout continuer à croire qu’Iwacu n’est pas visé. Et que je sortirais la tête haute de cette histoire complètement folle », Antoine Kaburahé, directeur d’Iwacu

Dernier groupe de presse privé encore en activité dans le pays, Iwacu a bénéficié du soutien de l’association Reporter sans frontières. La responsable du bureau Afrique de RSF, Cléa Kahn Sriber, dénonce un « nouveau coup porté à la liberté de la presse au Burundi » ainsi qu’une « escalade dans la logique répressive du pouvoir ».

« Que ce dernier bastion du journalisme indépendant au Burundi soit aujourd’hui inquiété à travers la personne de son directeur, c’est un message que les autorités burundaises ne veulent tolérer aucune forme de journalisme indépendant sur leurs terres », Cléa Kahn Sriber, responsable du bureau Afrique de l’ONG Reporters sans frontières

Par RFI