La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo, NDSCI – CHUNVI YA CONGO, a appris avec consternation et grande tristesse le énième massacre des compatriotes à BENI, dans la Province du Nord-Kivu intervenu dans la nuit du 13 au 14 aout et dont le bilan provisoire fait état de plus de 40 tués sauvagement à l’aide des armes blanches et d’autres brulés vifs.
Ces actes barbares interviennent quelques jours seulement après le passage du Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange dans cette partie du pays et après ses rencontres avec ses homologues ougandais et rwandais qui avaient au menu, entre autres, cette question de la persistance de l’insécurité dans la région de BENI. Ce périple du Chef de l’Etat qui avait suscité un certain espoir dans le chef de la population s’est vite transformé en deuil. L’opinion se rappellera qu’il devient une pratique courante que toutes les visites du Chef de l’Etat dans cette contrée sont accompagnées d’actes de massacres des civils, ce qui pourrait bien s’apparenter à des actes de sabotage et de défiance à l’endroit du Président de la République et à travers lui à l’endroit de l’ensemble de son gouvernement.
La NDSCI tient à rappeler à l’opinion tant nationale qu’internationale, que c’est depuis avril 2015, notamment lors du périple européen de son Président National, qu’elle avait tiré la sonnette d’alarme sur la complexité de la situation extrêmement dangereuse de BENI et du risque que représentaient ces intégristes religieux. Fort malheureusement, nos cris d’alarmes ainsi que ceux de nombreuses autres organisations tant nationales qu’internationales n’ont pas été pris en compte par les décideurs congolais. Il a fallu atteindre près de deux milles morts pour que cela soit reconnu et qu’un deuil national soit décrété enfin.
Au vu des techniques et méthodes utilisées depuis deux ans dans cette partie du Nord-Kivu et de la persistance et voire aggravation de la situation, plusieurs questions méritent d’être posées :
– A qui profitent ces massacres et crimes contre l’humanité ?
– Qui sont les vrais et véritables auteurs de ces crimes contre l’humanité ?
– Pourquoi notre armée, en dépit de toutes les mesures annoncées tant par le Chef de l’Etat que par la hiérarchie militaire, est incapable d’endiguer le phénomène ADF ?
– Pourquoi, toutes les propositions de la société civile et d’autres acteurs/observateurs et analystes avertis ne sont-elles pas prises en compte ?
– Pourquoi, quand bien même, elles sont alertées bien avant, nos troupes n’interviennent qu’avec retard ?
– Pourquoi on ne change pas des tactiques militaires sur terrain ni d’unités combattantes ?
– Comment là où les généraux BAUMA et NDALA avaient réussi, les autres commandants sont incapables de réussir ?
– Qu’est devenu le bataillon d’intervention rapide des commandos que dirigeait de main de maitre le Colonel Ndala, d’heureuse mémoire ?
– Pourquoi des officiers et militaires impliqués dans l’exploitation et commerce des bois et autres minerais ne sont jamais inquiétés ni sanctionnés ?
– Pourquoi des sanctions ne sont jamais prises à l’endroit d’autorités politico-militaires et administratives défaillantes ?
– Où sont passées les unités de la MONUSCO et de sa brigade spéciale qui ont pourtant, pour mission de protéger les civils et éradiquer les groupes armés ?
– Pourquoi seulement BENI, LUBERO, BUTEMBO, ERINGETI… ?
Autant de questions qui nécessitent des réponses appropriées et bien fouillées si nous voulons que pareils crimes ne se répètent plus.
Au regard de la gravité de la situation, la NDSCI, lance ces appels :
Au Chef de l’Etat, Président de la République et Commandant suprême des FARDC et de la PNC de :
– Ordonner sans désemparer le remplacement de toutes les unités combattantes issues des groupes armés de l’Est (ex CNDP, RCD-Goma, RCD KML,…) et de les remplacer par des nouvelles unités venant d’autres coins du pays et d’autres unités spécialisées ;
– Relever de leurs fonctions tous les officiers généraux, supérieurs, officiers et sous-officiers cités par de nombreux rapports locaux et internationaux et qui seraient impliqués dans l’exploitation et commerce illicite du bois et des minerais, et les mettre à la disposition de la justice militaire ;
– Prendre des sanctions sévères et relever de leurs fonctions toutes les autorités politico-administratives de la Province du Nord-Kivu pour légèreté et incapacité à gérer la crise de BENI ;
– De tirer enfin toutes les conséquences de l’incapacité de son gouvernement à juguler l’insécurité dans la région de BENI, en prenant des mesures qui s’imposent, en révoquant, notamment, du gouvernement central, le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur ainsi que le Ministre de la Défense Nationale ainsi que le Directeur Général de l’Agence Nationale de Renseignement;
A la MONUSCO et à la Communauté internationale :
– De prendre au sérieux cette expansion du terrorisme et intégrisme religieux en prenant des dispositions idoines pour les mâter avant que toute cette partie de l’Afrique ne soit ébranlée ;
– De mettre réellement en pratique le mandat dévolu à la Monusco et à sa brigade spéciale en vue de la sécurité des civils et éradication des groupes armés, dont ces terroristes d’ADF.
Au Peuple Congolais :
– De se rassembler autour des idéaux communs chers à notre patrie et de faire preuve de beaucoup plus de solidarité nationale en ce moment difficile de l’histoire de notre pays où la paix et la cohésion nationale sont sérieusement mis en mal ;
– D’avoir le courage patriotique d’exiger plus de sécurité à ceux et celles qui ont la mission régalienne de nous sécuriser, à défaut de quoi exiger et obtenir purement et simplement leur démission via des voies et mécanismes constitutionnellement nous garantis.
Ainsi fait à Bukavu (siège national de la NDSCI), ce 15 aout 2016,
Pour la NDSCI,
Jean – Chrysostome KIJANA,

Président – National