POSITION DE LA NOUVELLE DYNAMIQUE DE LA SOCIETE CIVILE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, NDSCI, ET DE LA CAMPAGNE TOURNONS LA PAGE POUR UNE ALTERNANCE DEMOCRATIQUE EN AFRIQUE, TLP-RDC, SUR LE DIALOGUE ET LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE EN RDC.

Bukavu, le 15 septembre 2016

« On ne joue pas avec la constitution »

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo (NDSCI), organisation pilote de la coalition RDC de la campagne internationale Tournons la Page pour une alternance démocratique en Afrique, suit de très près et avec attention soutenue, l’évolution de la situation socio-politique de la RDC.
A 86 jours de la fin du second et dernier mandat du Président Joseph Kabila, le doute et l’incertitude planent toujours quant à l’avenir politique et institutionnel de la République Démocratique du Congo. Pour essayer d’apaiser des esprits, un dialogue est en cours depuis le début de ce mois de septembre. Sensé trouver un consensus autour du processus électoral, ce dialogue qui n’a rien d’inclusive, devient de plus en plus un grand danger pour l’avenir et la démocratie de notre pays.
En effet, réunis à la cité de l’Union Africaine à Kinshasa, une petite poignée d’hommes et de femmes, est en train de vouloir prendre en otage l’avenir et le destin de toute une Nation et de plus de 70 millions de congolais. A suivre de très près ce qui se passe dans la messe dite par le facilitateur Edem Kodjo, les participants à ce dialogue ont de plus en plus des prétentions de se substituer au souverain primaire qu’est le peuple congolais.
En acceptant l’option de la refonte totale du fichier électoral, les participants à ce dialogue sont en train d’ouvrir très dangereusement la porte du glissement tant redouté et décrié par la majeure partie du peuple congolais. Cette attitude vise tout simplement le maintien de l’actuel régime au pouvoir au mépris du principe d’alternance prévu dans notre constitution et qui fixe le mandat du Chef de l’Etat à cinq ans renouvelable une seule fois (Art.70).
Pour la NDSCI et Tournons la page, pareille prétention ne constitue ni plus ni moins qu’un véritable putsch contre les institutions de la République qui mérite d’être reconnu et sanctionné comme tel.
La NDSCI et TLP rappellent que la charte fondamentale de la RDC quoique n’étant pas gravée dans le marbre, c’est elle qui garantit la stabilité des institutions et qui doit protéger le peuple contre les tentations de confiscation du pouvoir. Toute modification de la constitution doit procéder de la volonté du peuple et non d’un groupe d’individus, de la majorité ou de l’opposition soient-ils.
Pour la NDSCI c’est intolérable et inacceptable de transformer la constitution en instrument de perpétuation d’un pouvoir personnel. Cette attitude est aux antipodes des attentes citoyennes et des valeurs affichées par la communauté internationale.
Pour la NDSCI et TLP toute résolution résultant de ce dialogue et qui serait en contradiction avec les dispositions de la constitution sera nulle et de nul effet. D’où l’appel lancé à l’endroit de l’ensemble du peuple congolais, jaloux de sa souveraineté, d’user de toutes les voies légales et non violentes pour s’y opposer farouchement.
Instaurer une nouvelle transition en violation des dispositions verrouillées de notre constitution est la ligne rouge à ne pas franchir.
Il ne fait plus l’ombre d’aucun doute que certaines parties prenantes à ce dialogue courent aujourd’hui derrière des postes au sein d’un gouvernement de transition qu’ils ont en rêve. La NDSCI et TLP les mettent sérieusement en garde. Aucune transition avec ceux-là même qui ont délibérément bloqué la machine électorale afin de s’accrocher au pouvoir, ne sera admise ni tolérée par les citoyens.
La NDSCI et Tournons la page rappellent que la soif de démocratie et d’un état de droit est universelle et incompressible.
Pour la NDSCI et TLP, la démocratie ne s’exporte pas, mais elle se conquiert. Le peuple congolais en votant massivement par referendum l’actuelle constitution s’était résolument engagé dans la voie de la démocratie et avait opté pour l’élection comme seul mode d’accéder au pouvoir. Chercher à accéder au pouvoir par des compromis politiques et en violation de la constitution constitue ni plus ni moins qu’une haute trahison et le peuple doit bien dénicher tous ces chasseurs des postes et les avoir toujours à l’œil.
La NDSCI et TLP invitent donc le Président Joseph Kabila à briser le mythe en prenant le courage historique et patriotique, ayant été incapable de faire organiser des élections dans le délai, de partir avec honneur et dignité en démissionnant purement et simplement de la Présidence de la RDC à la fin de son mandat, ce 19 décembre 2016. Pareil acte l’élèverait et le ferait entrer par la grande porte dans l’histoire du monde entier et la Nation congolaise toute entière lui resterait reconnaissante. Faute de consentir à l’alternance, le Président Kabila prendrait la responsabilité d’exposer le pays au chaos et à la violence. Ce qui n’est pas à encourager ni à souhaiter.
« Pas de stabilité sans démocratie, pas de démocratie sans alternance ».

Le Directoire National de la NDSCI.