Il se tient depuis ce 08/01 à Bamako, capitale du Mali, un séminaire panafricain sur le thème « Multinationales et démocratie en Afrique ». Organisé par le secours Catholique/Caritas France, ce séminaire se tient en marge de la deuxième rencontre annuelle de la campagne internationale Tournons la page pour une alternance démocratique en Afrique et du 27e sommet Afrique-France prévu à Bamako du 13 au 14/01/2017 toujours dans la capitale malienne. Il regroupe une vingtaine de leaders des sociétés civiles africaines venus de plusieurs pays africains (RD Congo, Burundi, Tchad, Niger, Togo, Mali, Cameroun, Burkina,…) ainsi que de certains partenaires venus du Nord (France, Espagne, Allemagne).
Ce séminaire et le choix du thème central s’inscrivent dans un contexte de mondialisation, et de crises incessantes où, l’Afrique, continent de tous les espoirs, après avoir été celui de tous les dangers, reste toujours à la merci des capitaux transnationaux. Avec des multinationales qui s’installent d’autant plus paisiblement, qu’elles ont, pour les accueillir, des dirigeants corrompus au pouvoir depuis des dizaines d’années.
La rencontre vise à renforcer les connaissances des sociétés civiles africaines en matière de gouvernance démocratique et leurs capacités afin qu’elles puissent lutter efficacement contre la corruption, les biens mal acquis et le financement des dictatures. Pendant que dans certains pays africains les questions d’alternance démocratiques ne se posent plus, il y en a au tant où des dirigeants s’accrochent à tout prix et par tous les moyens au pouvoir en contradiction flagrante de la volonté de la majorité de leurs peuples. Cette situation s’accompagne toujours et malheureusement de l’accaparement des richesses par les clans au pouvoir ainsi que par des multinationales et puissances étrangères au grand damne de la population africaine qui croupit dans la mesure.
Cette rencontre cherche aussi à comprendre les liens entre pouvoirs politiques et multinationales et renforcer ainsi les capacités et compétences des sociétés civiles africaines en action de plaidoyer institutionnel et de gouvernance. Cette rencontre a un intérêt tout particulier pour la RDC qui, se trouve aujourd’hui, confrontée à une crise aiguë à la suite de la non tenue d’élections dans le délai, ce qui n’a pas permis à notre pays de vivre sa première alternance démocratique de son histoire et où les risques d’un retour à la dictature et à une présidence à vie sont bien présents. Scandale géologique, pays aux potentialités immenses et où de nombreux rapports et enquêtes crédibles font état des liens étroits entre pouvoirs politiques et multinationales, hypothéquant ainsi la démocratie et la paix, il est impérieux que les différents acteurs de la société civile et d’autres chercheurs et militants pro démocratie puissent porter leurs regards un peu plus loin au lieu de se limiter à des simples considérations individuelles et/ou politiques.
L’alternance en plus de concerner les dictateurs et dirigeants qui veulent s’éterniser au pouvoir, elle doit aussi consister beaucoup plus au changement de tout un système de gouvernance en Afrique/en RDC, ceci vaut aussi dans les relations et autres contrats avec des multinationales qui, pour leurs intérêts économiques ne sont pas prêtes à lâcher ces dirigeants qui leur ouvrent généreusement les portes de leurs pays. C’est comme qui diraient : »Donne moi l’accès aux ressources de ton pays, nous te garantissons le pouvoir à vie…peu importe la volonté de ton peuple. La RDC est représentée à ces assises par Monsieur Jean-Chrysostome KIJANA qui est le Président National de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC et Coordinateur-pays de Tournons la page; et par Monsieur Floribert ANZULUNI, Coordinateur du mouvement citoyen FILIMBI, membre de la campagne Tournons la page.
Rédaction/NDSCI