Bukavu, le 20 Juin 2017

« Ces institutions largement illégitimes qui prennent la démocratie et le peuple en otage pour leurs intérêts égoïstes…  »

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, suit avec intérêt soutenu les différentes péripéties qui entourent ces jours les nombreuses motions de censure initiées par certaines assemblées provinciales contre leurs exécutifs.
Le dernier cas en date est celui de la motion initiée depuis ce 14 juin par 18 députés provinciaux du Sud-Kivu sollicitant la destitution du Gouvernement Provincial sous la houlette de M. Marcellin CISHAMBO RUHOYA. Comme dans les précédents cas (Haut Lomami, Haut Katanga, Tshopo, Ituri,…), il est reproché à tous ces exécutifs une gestion calamiteuse de leurs provinces respectives.
La NDSCI note que ces différentes motions sont les reflets d’un malaise profond qui affecte l’ensemble de l’appareil Étatique congolais depuis la crise, volontairement entretenue par la classe politique congolaise en général et la majorité présidentielle en particulier, suite à la non organisation dans le délai constitutionnel des élections générales, pourtant, tant attendues par la population congolaise.
La NDSCI note aussi avec grande déception l’immixtion et interférence du pouvoir central dans le fonctionnement des institutions provinciales. C’est dans cette logique, qu’elle fustige et condamne les dernières directives va-t’en guerre données aux hémicycles provinciaux, mettant ainsi en mal leur liberté d’esprit et d’action. Des incessantes interpellations à Kinshasa des responsables provinciaux dans le souci d’étouffer certaines initiatives des députés, pourtant démocratiques et légales, ne constituent ni plus ni moins qu’un recul remarquable de la démocratie au niveau local dans notre pays. Le cas de la Province du Sud-Kivu, où alors qu’il était attendu à l’organe délibérant ce mardi 20 juin 2017 pour présenter ses moyens de défense, le Gouverneur du Sud-Kivu, a reçu ferme injonction de se présenter, toutes affaires cessantes à Kinshasa. Et comme si cela ne suffisait pas, le Président et Vice-Président de cet organe délibérant ont été aussi interpellés sans ménagement à Kinshasa. Ce qui a pour conséquence logique la non tenue de la plénière de ce mardi 20 juin, et probablement l’abandon pure et simple de la motion introduite. L’opinion se souviendra que lors de la précédente tentative de destitution du même gouvernement, tout le bureau de l’Assemblée Provinciale avait été «convoqué et séquestré » plusieurs semaines durant à Kinshasa, paralysant ainsi le fonctionnement de l’organe délibérant en Province du Sud-Kivu. Et au retour de Kinshasa, personne ne parlait plus de la motion.
Cette situation prouve aussi à suffisance que les différentes institutions, ayant suffisamment dépassées la durée de leurs mandants (avec des assemblées et exécutifs provinciaux de plus de dix ans), ne jouissent plus de la confiance du peuple et se trouvent démotivées par cette rupture de confiance totale entre élus et leurs électeurs.
Face à ce tableau sombre, la NDSCI informe aux députés provinciaux du Sud-Kivu qu’au cas où cette session se termine ce 30 juin sans que le président et vice-président ne reviennent, toutes affaires cessantes en province pour poursuivre avec l’examen de la motion introduite contre le gouverneur Marcellin CISHAMBO, elle invitera toute la population à prendre part active à une série d’actions citoyennes et non violentes, parmi lesquelles les plénières populaires en lieu et leur place à l’hémicycle.
Enfin, la NDSCI lance un appel pathétique de solidarité et d’union d’actions, à l’endroit de l’ensemble des forces vives, sociales et politiques qui font du changement et de la démocratie leur cheval de bataille, afin d’exiger l’organisation d’élections libres et démocratiques d’ici la fin de cette année. Seules ces élections pourront résoudre de manière durable toutes ces persistantes crises qui mettent en mal le bon fonctionnement d’institutions tant nationales que locales. Seules les élections, vont permettre aux citoyens de se choisir des nouveaux dirigeants capables et à la hauteur des attentes et desideratas de la population. Seules les élections pourront nous débarrasser de ces actuels dirigeants illégitimes et égoïstes.
Pour la NDSCI,
Jean Chrysostome Kijana

Président National.