« Le Sang a déjà trop coulé, épargnez-nous de vos guerres »

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, NDSCI – CHUNVI YA CONGO suit avec attention et grande inquiétude l’évolution de la situation sécuritaire en Province du Sud-Kivu.
En effet, c’est depuis plusieurs semaines maintenant que la Province du Sud-Kivu connait une recrudescence sans pareille de l’insécurité sur presque l’ensemble de territoires.
La situation la plus inquiétante est celle qui prévaut actuellement dans la partie sud de la Province, notamment dans les territoires de Fizi et d’Uvira.
Ce qui était considérée comme une simple aventure guerrière est en train de prendre des tournures de plus en plus inquiétantes.

Parti de la presqu’île d’Ubwari en Territoire de Fizi, des combats s’étendent sur d’autres coins de FIZI et d’Uvira.
Depuis 72 heures, des violents affrontements opposent les éléments dits appartenir au groupe rebelle « YAKOTUMBA » aux Forces Armées de la RDC, Fardc, en se rapprochant depuis hier de la ville portuaire d’Uvira (deuxième ville de la Province du Sud-Kivu hébergeant le deuxième port de la RDC).
Pendant ce temps, des informations contradictoires frisent de partout et vont dans tous les sens.

La NDSCI, note que cette nouvelle guerre vient encore et comme toujours, mettre dans les rues plusieurs dizaines de milliers de congolais obligés de quitter leurs villages pour se mettre à l’abri dans des zones plus sécurisées. Des victimes civiles sont aussi à déplorer.

La NDSCI note que cette nouvelle guerre surgit à une période de forte turbulence politique due à la non tenue des élections dans le délai constitutionnelle.

La NDSCI, craint que cette nouvelle guerre ne vienne perturber le processus électoral et ne soit prise comme un alibi par le pouvoir pour ne pas organiser les élections et voire décréter un Etat d’urgence et atteindre ainsi un de ses visées, à savoir se maintenir au pouvoir au prix de tous les moyens.

La NDSCI déplore avec grande déception l’indifférence quasi-totale qui caractérise le gouvernement central dans la gestion de cette guerre que tout le monde a vu venir et qui pouvait facilement être contenue et étouffer dans l’œuf si au moins il y avait une volonté politique d’y mettre fin. Alors que le peuple est menacé par cette nouvelle guerre de trop, le gouvernement tant national que provincial optent pour le silence radio et préfèrent laisser court à toutes sortes de rumeurs et informations. Cette indifférence frise une certaine légèreté dans le chef du gouvernement congolais et pourrait bien donner raison à ceux et celle qui soupçonnent une certaine complicité et qui voient en cette aventure guerrière une nouvelle manœuvre politique pour détourner l’attention du peuple congolais qui centrée sur l’organisation avant la fin de cette année des élections conformément à l’accord du 31 décembre 2016.

Pour la NDSCI, seule l’organisation des élections libres et transparentes constitue la clé de voute pour mettre fin une fois pour toute à toute cette instabilité socio-politique et sécuritaire. D’où, elle invite l’ensemble de la population congolaise en général et celle du Sud-Kivu en particulier, à demeurer vigilante et à se désolidariser de toute aventure guerrière. Le peuple en a marre de ces guerres aux enjeux et contours aussi flous et ambigus. Elle invite la population congolaise dans son ensemble à maintenir la pression, par des actions citoyennes et dans la non-violence active, sur les actuels dirigeants afin d’obtenir l’organisation des élections conformément aux accords politiques conclus entre les parties prenantes.

La NDSCI recommande à la MONUSCO de bien assurer avec efficacité et professionnalisme, l’une de ses principales missions, à savoir la protection des civiles.

La NDSCI invite enfin, les protagonistes de cette nouvelle guerre, à privilégier la paix et la résolution pacifique des différends. Etant une « Eglise au milieu du village », la NDSCI offre ses bons offices aux parties en conflit afin de trouver un terrain d’entente négocié et épargner ainsi la population civile qui a déjà suffisamment payé le prix de ces guerres nous imposées.

Pour la NDSCI,

Jean Chrysostome KIJANA

Président National