COMMUNIQUE DE PRESSE NDSCI/DN/49/2018 RELATIF AU PROCESSUS ELECTORAL EN COURS EN RDC
« ELECTIONS, OUI, MAIS PAS N’IMPORTE LES QUELLES »

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, suit avec intérêt particulier l’évolution du processus électoral en RDC.
La NDSCI salue à sa juste valeur, la décision du Président Kabila de ne plus se représenter pour un troisième mandat illégal et illégitime.
Elle note que cette renonciation est le fruit d’un combat mené par le peuple congolais, au prix d’énormes sacrifices en vue de le contraindre à ne pas commettre l’irréparable. Il aurait dû le faire depuis décembre 2016 et il serait le Père de la démocratie congolaise. Le faire à contre cœur et après des morts qu’on aurait dû éviter, n’est qu’un gâchis.
La NDSCI note avec grande déception qu’au lieu de privilégier un climat de confiance et de consensus en vue d’élections réellement transparentes, libres, démocratiques, inclusives et apaisées, la Commission Électorale National Indépendante, CENI, opte pour l’arrogance et l’entêtement.
Face à cette attitude d’arrogance et d’entêtement, la NDSCI tient à rappeler à Monsieur Corneille NANGA, Président de la CENI et à tous ses collaborateurs, que ce processus électoral n’est pas le leur. Il est une occasion en or donnée au peuple congolais conformément à leur constitution (article 5) de se choisir librement et en toute indépendance leurs dirigeants. Et que par conséquent, M. NANGA et son équipe seront responsables devant les générations présentes et à venir de toutes les conséquences négatives qui découleront de leurs orgueils et entêtements.
La NDSCI a suivi avec attention soutenue les différentes décisions de la CENI relatives à la recevabilité ou non de différents candidats à tous les niveaux. Elle lui remercie d’avoir respecté son calendrier jusqu’à présent.
Toutefois, la NDSCI, à l’instar d’autres organisations congolaises et internationales, est sidérée par le traitement sélectif et abusif réservé à plusieurs dossiers. Ce qui remet très sensiblement en cause sa crédibilité et son indépendance.
La NDSCI exprime toute sa désagréable surprise de retrouver sur les listes définitives des candidats députés provinciaux, dans la circonscription électorale de Kabare au Sud-Kivu, le nom de M. Fréderic BATUMIKE RUGIMBANYA. Point n’est besoin de rappeler à la face du monde qu’en date du 13 décembre 2017 la Cour militaire Supérieur du Sud-Kivu avait reconnu coupable et condamné le député provincial BATUMIKE à la prison à vie, notamment pour crimes contre l’humanité par viol sur des petites filles de 1 à 9 ans, assassinats et entretien d’une milice armée appelée JESHI LA YESU ( en français, armée de Jésus). Condamnations et peines confirmées en appel par l’arrêt de la Haute Cour Militaire de la RDC rendu ce 26 juillet 2018 à Bukavu et contre lequel aucun pourvoi en cassation n’a été enregistré dans le délai légal. Pour la NDSCI le fait de retenir sur les listes électorales un criminel de si grand chemin comme Batumike RUGIMBANYA, auteur et responsable de plusieurs meurtres dont celui du défenseur des droits de l’homme et un des animateurs de la NDSCI, Evariste Kasali, de l’allemand Walter Muller, de M. Kakonyi et de tant d’autres victimes de sa barbarie sanguinaire y compris de très nombreux enfants filles de 1 à 9 ans qui ont tout perdu de leur féminité à la suite de la mutilation violente de leurs organes génitaux pour des fins fétichistes, confirme la légèreté et la sélectivité qui caractérisent aujourd’hui cette institution sensée pourtant être indépendante. Maintenir des criminels et écarter certains citoyens sur base des considérations et injonctions politiques vient d’enlever le peu de confiance et crédibilité qui restait à la CENI qui, aujourd’hui, confirme son inféodation à un camp politique, à savoir la Majorité Présidentielle.
La NDSCI fustige et condamne fermement l’instrumentalisation de la CENI par la famille politique de l’actuel Chef de l’Etat qui lui dicte des directives et orientations en vue d’écarter du processus électoral certains acteurs politiques de l’opposition. L’élimination de la course de plusieurs acteurs politiques jugés gênants par la Majorité Présidentielle, sur base des injonctions transmises à la CENI par le gouvernement congolais, notamment via son Ministre d’Etat en charge de la Justice, M. Alexis Tambwe MWAMBA, lui-même, tristement reconnu pour plusieurs crimes de guerre et contre l’humanité dont l’abattage en octobre 1998 d’un avion civil à Kindu ayant à son bord une cinquantaine de passagers, tous des civils, prouve en suffisance que telle que configurée à ce jour, la CENI n’a rien d’indépendante et demeure au service du Président Kabila et de sa famille politique.
La NDSCI constante avec amertume qu’au lieu de privilégier le dialogue et l’application stricte et de bonne foi des accords de la St Sylvestre et l’écoute des demandes du peuple congolais qui refuse, dans sa grande majorité, l’utilisation de la très controversée machine à voter, pour les uns, et à voler pour les autres, les actuels dirigeants de la CENI, dont son Président M. Corneille NANGA se distinguent par une arrogance et entêtement d’un vieux temps, mettant ainsi en péril l’avenir de toute une Nation. La NDSCI tient à rappeler à M. Corneille NANGA que ce processus électoral n’est pas sien. Il appartient au peuple congolais qui doit, en toute indépendance et dans des conditions acceptables, se choisir ses nouveaux dirigeants. Il doit donc cesser de prendre en otage ce processus et se croire comme un super man qui n’a rien à écouter de la population congolaise : ces élections ne sont pas celles de sa maisonnée, mais celles du peuple congolais qui n’est plus du tout dupe et ne le lui laissera jamais faire.
Avec une CENI totalement à la solde du pouvoir en place, une Cour constitutionnelle taillée sur mesure et relevant directement et personnellement de l’actuel Président de la République, des services de sécurité, dont l’armée, l’ANR et la Police muselées et sous le joug du même Président, il serait illusoire et naïf d’espérer avoir un processus électoral réellement transparent, inclusif et apaisé.
Pour la NDSCI, le décor est totalement planté pour une vaste mascarade électorale qui va déboucher malheureusement sur un chaos indescriptible et une véritable boucherie humaine.
Au vu de tout ce qui précède et dans le souci de préserver notre pays d’une énième grave crise, la NDSCI :
Invite Monsieur Corneille NANGA à avoir le courage historique de reconnaitre son incapacité et sa partialité à outrance en démissionnant, lui et son équipe, avant que le peuple congolais ne les y contraigne.
Invite le Président Kabila à libérer réellement le processus électoral. La simple désignation de son « dauphin » ne suffit pas et ne nous garantit pas de sa volonté à lâcher le pouvoir. Aucune excuse ni prolongation ne lui saura être accordée : l’année 2018 est sa toute dernière à la tête de la République Démocratique du Congo. Le peuple y veille et en sortira gagnant, peu importe le prix à payer.

Invite l’ensemble du congolais à se lever comme un seul homme pour refuser énergiquement ces mascarades électorales en cours et à exiger un processus électoral réellement inclusif, transparent et apaisé, seul gage d’un avenir meilleur pour notre pays.
Ainsi fait à Bukavu, ce 27 aout 2018,
Pour la NDSCI,
Jean Chrysostome KIJANA,
Président National