DÉCLARATION DE LA NOUVELLE DYNAMIQUE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE RELATIVE A LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE DE L’ERE EN RDC

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, NDSCI, continue à suivre avec attention soutenue la situation sociopolitique actuelle en RDC.

Elle note que le processus électoral se poursuit tant bien que mal avec notamment l’organisation des élections dans les zones où elles n’avaient pas été organisées pour certaines raisons invoquées à ce temps-là par la CENI. Il s’agit des zones de Yumbi, Beni et Butembo. Ce qui permet actuellement aux provinces du Nord-Kivu et Mai-Ndombe d’enclencher les processus de mise en place de leurs institutions provinciales.

La NDSCI martèle encore sur la nécessité de la poursuite du cycle électoral jusqu’à l’organisation effective des élections locales ; lesquelles, revêtent une importance indéniable dans un pays aux dimensions continentales et où la décentralisation peine à être effective. Et dans le souci de les avoir libres et crédibles, au vu de la crise de confiance dans le  chef des actuels animateurs de la CENI, la NDSCI plaide pour leur mise à  l’écart et remplacement par des hommes et femmes jouissant d’une intégrité et probité morale avérées.

La NDSCI a aussi pris acte de la constitution du bureau définitif de l’Assemblée Nationale. En revanche, à ce sujet, en tant qu’organisation citoyenne qui s’est toujours battue pour la démocratie en RDC, la NDSCI est sidérée de constater non sans regret que du jour au lendemain, certaines règles d’or et sacro-saintes de la démocratie connaissent un dangereux recul au profit d’arrangements politiques, de fois contre nature.

Avec ce qui se passe actuellement à l’Assemblée Nationale où on a assisté ce mercredi 24 avril à un plébiscite ou mieux à une nomination des animateurs de son bureau définitif, la Nation congolaise est en train d’être menée très dangereusement vers le retour à la pensée unique.

La NDSCI déplore et fustige cette manière de museler toute voix discordante au sein de cette chambre qui est censée, pourtant, être le temple de la démocratie. Eu égard à tous ces actes antidémocratiques enregistrés déjà par les députés nationaux à la première heure de leur mandat, la NDSCI les invite donc à faire preuve de plus de nationalisme en mettant les intérêts suprêmes de la République et des Congolais au-dessus de leurs intérêts mesquins et égoïstes. Ils le peuvent encore! Le peuple qui n’est plus du tout dupe les observe et est prêt au sacrifice suprême pour sauvegarder les valeurs républicaines et démocratiques pour lesquelles se sont battus ses pères  fondateurs et pour lesquelles nombreux de congolais ont donné de leur vie.

La NDSCI note avec inquiétude le retard pris dans la mise en place du nouveau gouvernement de la République. Plus de trois mois après son entrée en fonction, le Président de la République, SE Félix Antoine TSHISEKEDI peine à mettre en place son gouvernement et continue de travailler, non sans difficultés, avec le gouvernement Tshibala, du reste amputé de la plus part de ses membres devenus députés ou sénateurs. Cet état des choses met la République dans une situation de quasi-paralysie avec des gros risques de détournements des deniers publics que pourrait engendrer notamment le manque de contrôle et de reddition des comtes par les animateurs d’un gouvernement dont le principal rôle est d’expédier les affaires courantes.

Face à ce qui précède, la NDSCI invite encore une fois le Président de la République à s’affranchir de tout accord occulte n’allant pas dans le sens de la sauvegarde des intérêts suprêmes de la République et de son peuple. Elle l’invite donc de se servir de son imperium pour procéder sans plus tarder à la nomination d’un premier ministre technocrate et aux mains propres. Toute nomination d’un premier ministre issu du rang de ceux et celles des prédateurs qui ont mis, des décennies durant, la République et le peuple congolais à genoux serait considérée par ce dernier comme haute trahison et ce même peuple sera obligé de lui retirer le soutien populaire qu’il lui témoigne jusqu’à ce jour.

Pour la NDSCI le déboulonnage tel qu’annoncé par le Chef de l’Etat ne doit pas rester qu’un simple slogan ni un vœu pieux ; il doit être une réalité et doit commencer par la mise à l’écart de tous ceux qui ont pillé et asphyxié la République et le peuple congolais.

La NDSCI qui se bat pour la moralisation de la vie politique en RDC, invite encore une fois le Président de la République à écarter des listes des ministrables et autres hautes responsabilités, toutes ces personnes qui, par égoïsme et cupidité politique, ont eu à aligner comme suppléants leurs femmes, maîtresses, enfants, frères ou sœurs avec comme arrière-pensée de laisser l’hémicycle aux leurs, une fois promis ministres ou hauts dignitaires. Responsabiliser des telles personnes c’est encourager l’immortalité politique et sacrifier la République.

Dans cette même logique, la NDSCI réitère son appel au Président de la République d’exiger, pour toute prochaine nomination, une liste de 3 à 5 noms, à chaque poste afin que lui-même en vertu de son pouvoir discrétionnaire puisse nommer la personne la moins controversée et aux mains propres.

Pour terminer, la NDSCI réitère son soutien sans réserve au combat du Président de la République de lutte contre la corruption. Lequel, soutien, se matérialise par sa campagne nationale : « Zéro Corruption Pays » qui va passer à la vitesse de croisière les jours à venir par des actions concrètes de grande envergure, notamment l’opération « Safisha barabara » (littéralement : nettoyer les routes) consistant à débarrasser nos routes de tous ces éléments de la police de circulation routière qui causent honte et humiliation à toute une Nation avec leurs sales pratiques de « massage » et « rapports » qui ne sont rien d’autre que de la corruption à ciel ouvert.

La NDSCI rappelle aussi au Chef de l’Etat que le pardon et la cohésion nationale n’excluent pas la nécessité d’une justice équitable conduisant notamment à la sanction négative à l’endroit de ceux qui la méritent. Ainsi, elle l’encourage à initier des audits indépendants du gouvernement central sortant, de tous les gouvernements provinciaux passés ainsi que de toutes les assemblées provinciales de l’ensemble de la République. Il est inadmissible que les caisses de l’Etat soient toujours pillées à chaque départ d’un dirigeant. Ceux et celles qui ont eu à diriger à tous les niveaux doivent rendre des comptes et subir la rigueur de la loi. C’est cela le vrai « déboulonnage » qu’attend le peuple.

La NDSCI note dans le même registre que le peuple tout entier reste suspendu aux résultats d’enquêtes ordonnées par lui-même pour dénicher les corrompus et corrupteurs qui se sont illustrés négativement lors des élections des sénateurs et des gouverneurs des Provinces. Le peuple congolais voudrait le voir aller jusqu’au bout et non se limiter aux simples déclarations ou simples intentions. Il en va aussi de son avenir et survie politiques.

En fin la NDSCI exprime toute sa solidarité avec les compatriotes du grand nord en Province du Nord-Kivu, victimes de la persistance de l’épidémie d’Ebola et de l’activisme barbare des rebelles des ADF-NALU et autres groupes armés locaux. Aux grands maux des grands remèdes, dit-on. Ainsi la NDSCI invite le Président de la République, commandant suprême des Fardc à procéder à un nettoyage systématique de toute la chaîne de commandement de l’armée en allant de l’état-major général jusqu’aux commandements des zones opérationnelles et unités d’élite et de sanctionner tout officier qui serait impliqué dans des crimes humains et économiques.

Ainsi fait à Bukavu, ce 26/04/2019

Pour la NDSCI

Jean Chrysostome KIJANA

 Président National