À travers un point de presse tenu ce mardi 25 juin 2019 à 11h et animé par le Président National, M. Jean Chrysostome KIJANA à notre bureau, nous avons lancé le Réseau Citoyen d’Identification, de Protection et de Récupération des Biens Meumbles et Immeubles du Patrimoine de l’Etat Congolais, « RCIPRBMI » en sigle dont le contexte et la justification se présentent comme suit :

La République Démocratique du Congo se trouve confrontée à plusieurs problèmes multisectoriels. Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le pays peine à décoller. En dépit de ses innombrables et incommensurables richesses, la population congolaise reste généralement pauvre. Les richesses et ressources du pays sont accaparées par le clan des dirigeants politiques. La corruption, le coulage des recettes publiques, détournements des deniers publics, tribalisme, clientélisme,…sont là les règles de jeu qui gouvernent ce grand pays au cœur de l’Afrique.  Les infrastructures sont aussi inexistantes. Presque toutes les régions du pays se retrouvées très enclavées par manque d’infrastructures de base. Les routes d’intérêt national et celles de desserte agricole sont impraticables si pas inexistantes.

A l’accession du pays à l’indépendance, le colonisateur belge avait laissé des infrastructures, notamment immobilières propres à l’Etat congolais. Plus de 50 ans après, la quasi-totalité de ces biens immobiliers n’existent presque plus. Au lieu de les entretenir et se doter d’autres plus modernes, les différentes autorités publiques de la RDC, à différents niveaux, se livrent à des spoliations et détournements de tous ces biens. Dans toutes les provinces du pays, les différents gouverneurs qui se succèdent s’illustrent dans des ventes et spoliations des biens meubles et immeubles ainsi que des espaces  du patrimoine de l’Etat. Dans presque tous les cas, ces ventes sont faites en violation des règles en la matière, notamment le principe sacro-saint de « désaffectation avant-vente » de tous les biens du domaine public de l’Etat.  Il est aujourd’hui difficile de retrouver dans plusieurs villes du pays, comme Bukavu, des espaces verts ou d’aires de jeu. Tout ce qui revenait à l’Etat a était spolié et vendu, sans que cela n’émeuve aucune autorité. Les spoliations privent aujourd’hui les villes, des routes inter sentiers ou inter avenue, des servitudes publiques sont inexistantes.

Dans la Province du Sud-Kivu, les spoliations ont pris des proportions vertigineuses au point que si rien n’est fait, dans l’urgence, la Province du Sud-Kivu, risque de se retrouver sans une seule maison de l’Etat. L’inconscience a pris d’ampleur jusqu’à amener les dirigeants à perdre tout sens humain se permettant même de vendre les cimetières. Des maisons poussent comme des champignons jusque dans des cimetières où les vivants et les morts se disputent les espaces. Les morts ont du mal à se reposer en paix.

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, qui fait du changement des mentalités et la citoyenneté responsable son cheval de bataille ; et au vu du nombre toujours croissant des plaintes enregistrées à ses bureaux de la part de plusieurs citoyens sur des cas flagrants de spoliation, détournements et/ou mauvais usage des biens meubles et immeubles de l’Etat, s’est résolu de mettre en place un vaste réseau national dénommé : « Réseau Citoyen d’Indentification, Protection et Récupération des Biens Meubles et Immeubles du Patrimoine de l’Etat Congolais, RCIPRBMI ».  « Nous ne devons plus continuer à assister passivement à la disparition de ce qui revient de droit aux congolais présent et à venir », a lâché Jean Chrysostome KIJANA.

Le Réseau ainsi mis en place poursuit plusieurs objectifs tel que repris ici-bas.

Objectif global :  Lutter contre toutes les formes de spoliation, détournement et mauvais usage des biens meubles et immeubles du patrimoine de l’Etat Congolais.

Objectifs Spécifiques :

  • Inculquer le sens de respect et la culture du bien commun dans l’esprit et le mental des citoyens congolais ;
  • Faire initier des actions de récupération des biens meubles et immeubles déjà spoliés et détournés ;
  • Faire assurer l’usage équitable des biens de l’Etat ;
  • Militer pour que les auteurs de spoliation/détournement et vente des biens du patrimoine commun soient identifiés, connus, traduits en justice et sévèrement condamnés conformément aux lois de la République ;
  • Initier un magazine de publication annuelle et nationale de tous les biens « immeubles » de l’Etat ;
  • Lutter contre les accaparements illicites et forcés des terres des communautés locales et des citoyens lambda au profit des dirigeants et autres multinationales ;
  • Faire initier et adopter des édits provinciaux et in fine, une loi nationale, de protection des biens du patrimoine de l’Etat.

Puisque lancé par la NDSCI, à la question de savoir si seuls les animateurs de la NDSCI sont concernés par ce réseau, JC KIJANA a répondu en ces termes : « Le Réseau est ouvert à tout citoyen congolais épris du sens du bien commun et soucieux de l’état de droit, sans tenir compte de son appartenance ethnique, religieuse et/ou politique. Ne pas agir c’est être complice. Toute organisation (asbl, ONG-D, Syndicat, Regroupement, confessions religieuses, mouvement citoyen,…) qui fait de ce combat citoyen son cheval de bataille peut rejoindre le Réseau. Les générations à venir en dépendent !» Sinon, « quel héritage allons-nous léguer aux générations futures », s’est-il interrogé.

Le Réseau est animé par une Coordination Nationale composée d’ :

  • 1 Coordonnateur National,
  • 1 Coordonnateur National Adjoint et Porte-Parole du Réseau,
  • 1 Coordonnateur Adjoint chargé d’investigations et relation avec les instances politiques et judiciaires,
  • 1 Rapporteur National et
  • 1 Pool d’avocats.

Au lancement du Réseau, en date du 25 juin 2019, celui-ci s’est doté de son Coordonnateur National : M. Jean Chrysostome KIJANA et d’un Coordonnateur Adjoint et Porte-Parole du Réseau : Me NZANA NAMWANDA Hermès.

La structuration du Réseau doit se poursuivre et dans chacune de 26 Provinces de la République, le Réseau se propose d’avoir une antenne citoyenne.

Pour ce qui est de la méthodologie d’action, le Président National de la NDSCI et Coordonnateur National du Réseau nous fait savoir que le Réseau se propose de recourir à plusieurs formes d’actions, notamment :

  • Des études et enquêtes indépendantes ;
  • Des lettres ouvertes ;
  • Des pétitions et mémorandums ;
  • Des marches pacifiques, sit-in,…
  • Grèves et boycotts,…
  • Des ateliers de réflexions et d’échanges.

«Pour être plus efficace, le Réseau se propose de travailler étroitement avec les alliés  suivants :

  • Les élus provinciaux et nationaux  (avoir dans chacune des chambres un noyau des députés provinciaux/nationaux membres du Réseau)
  • La justice (se trouver des magistrats sensibles à un tel combat)
  • Les acteurs de la société civile et des mouvements citoyens à tous les niveaux», nous a confié son Coordonnateur National.