N° Réf. : 33/NDSCI/DN/AUG.2019                             Bukavu, le 08/08/2019

 

 

Transmis copie pour information à :

  • Honorable Président de l’Assemblée Provinciale du Sud-Kivu ;
  • Monsieur le Ministre Provincial de l’Intérieur ;
  • Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel de Bukavu ;
  • Monsieur le Commandant de la 33 e Région Militaire ;
  • Monsieur le Commissaire Provincial de la PNC ;
  • Monsieur le Directeur Provincial de l’ANR ;

TOUS A BUKAVU

 

Objet : Du désordre dans les divisions                      A Son Excellence Monsieur le Gouverneur provinciales et autres entités administratives           du Sud-Kivu

                                                                                                                         A

                  B   U   K   A   V   U

 

Excellence Monsieur le Gouverneur,

Nous avons l’insigne honneur d’approcher votre distinguée autorité en vue de vous partager nos profondes inquiétudes en rapport avec l’objet repris en exergue.

En effet, c’est depuis un bon bout de temps que nous sommes alertés par des situations d’imbroglio qui se manifestent dans presque toutes les divisions provinciales et dans certaines entités administratives de la Province. Ces désordres sont essentiellement liés au conflit de pouvoir et d’intérêts égoïstes. L’on déplore ce jour,  plusieurs situations de parallélisme et d’antagonisme qui mettent en mal le bon fonctionnement de l’appareil étatique. Cet état des choses prive les citoyens congolais de leurs droits, notamment celui de bénéficier de l’appareil étatique des services publics de qualité. Aujourd’hui le principe qui gouverne ces divisions et autres entités c’est «  tous les moyens sont bons pourvu que je sois chef ». Hélas, dans tous les cas, ce n’est pas le souci de servir la communauté qui les anime, mais bien plus la  recherche du lucre, le souci d’avoir la possibilité de détourner des fonds leur alloués, avoir les occasions de rançonner la pauvre population, voilà leurs motivations.

Ces  désordres sont observés dans presque tous les services publics en province, et de manière singulière dans les divisions provinciales. Nous pourrions citer à titre illustratif, les divisions des affaires foncières et du cadastre (circonscription foncière de Kabare – Walungu, Bukavu 1 et Bukavu 2), la division de la santé, la division de l’urbanisme et habitat et celle de genre, famille et enfants, la Direction Provinciale de Mobilisation et Encadrement des Recettes (DPMER), le secrétariat provincial, etc.

Dans toutes les divisions précitées et dans bien d’autres, il y  règne un désordre hors du commun. Les différents chefs des divisions et des bureaux sont en permanente guerre pour le contrôle et la direction de ces divisions et bureaux.

Pour les Affaires foncières et le cadastre, par exemple,  on a du mal à connaitre qui est chef de division et qui ne l’est pas ; qui est chef de bureau et qui ne l’est pas. La bataille pour le contrôle de ces divisions et de leurs bureaux est permanente. Dans une matière aussi sensible qui est celle de gestion de la terre, il est inadmissible qu’on retrouve des agents qui ne savent absolument rien des questions foncières et du cadastre, mais qui sont là tout simplement parce qu’entretenant des relations familiales ou amicales avec tel ou tel autre chef. Des agents pareils sont des véritables poisons pour la société. De ces guéguerres permanentes, on assiste à des superpositions des titres avec comme conséquence proche ou lointaine, des conflits sociaux de grande envergure liés à des contentieux fonciers.

Dans toutes ces divisions, le travail n’est plus de qualité. Tout est fait dans une légèreté et amateurisme à outrance mettant en mal leur bon fonctionnement. Tout est monnayé, y compris des services censés être gratuits. Les gabegies financières, clientélisme, corruption, légèreté de mœurs les caractérisent presque toutes.

Des agents sont manipulés, divisés, appelés à soutenir tel ou tel autre camp, mettant ainsi en péril la cohésion et l’esprit d’équipe qui devrait les caractériser. C’est chaque jour qu’on assiste à des scènes horribles et humiliantes. On en arrive même à des bagarres rangées et injures publiques entre les différents antagonistes. Le dernier cas hardi est celui intervenu à la Division provinciale de genre, famille et enfants où deux dames, se disputent depuis un temps la direction de cette division, et où des coups de poing, morsures par les dents et autres coups de tête étaient au rendez-vous, jusqu’à être à un pas près de se laisser en tenue d’Adam en pleine journée. Une véritable bagarre a opposée en pleine journée les deux camps. Ces scènes humiliantes se sont déroulées à quelques mètres de votre office, du palais de la justice et en face du Commissariat provincial de la justice. Cela semble, malheureusement, être pris comme un fait divers, alors que dans un état de droit, des actions en justice et sanctions disciplinaires devraient illico suivre.

Excellence Monsieur le Gouverneur,

Au-delà de ces chaos dans les divisions épinglées et dans bien d’autres non reprises ici, il sied de porter aussi à votre connaissance une inquiétante situation qui s’observe depuis un temps à Bunyakiri et Hombo Sud en Territoire de Kalehe où là aussi, deux antagonistes se disputent le contrôle administratif de Hombo- Sud et de Bunyakiri.  Une véritable guerre de correspondance et de trafic d’influence s’observe depuis un temps dans ces conflits de pouvoir. Des mesures et instructions contradictoires sont quotidiennement enregistrées avec en toile de fond le trafic d’influence usé par certain(e)s élu(e)s nationaux qui profitant de leur positionnement et relations avec certaines autorités et personnalités politiques narguent toutes les instructions et institutions nationales et provinciales.

 

Excellence Monsieur le Gouverneur,

Face à un tableau aussi sombre, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile, fidèle à sa philosophie d’une société civile de proximité et de participation, vous prie :

  • De procéder à un état de lieu sans complaisance de toutes les divisions provinciales et autres entités décentralisées, question de vous rendre compte de la mort à petit feu de l’Etat congolais suite à ces désordres ;
  • D’initier des visites improvisées d’itinérance et de contrôle dans toutes les divisions provinciales et autres services publics afin de dénicher tous les petits malins et les mettre hors d’état de nuire ;
  • D’aller au-delà des simples suspensions et révocation (comme ça était le cas pour le Directeur de la DPMER et le Chef de Division de la culture et arts, suspendus par votre autorité. Œuvre que nous saluons et encourageons) en traduisant tout responsable coupable en justice afin qu’il réponde de ses actes et que l’Etat congolais soit remis dans ses droits ;
  • De corriger les erreurs contenues dans la commission d’affectation collective N°01/007/CAB/GROUPRO-SK/2018 du 14/06/2019 en ce qui est des agents au secrétariat provincial du Sud-Kivu.

Excellence Monsieur le Gouverneur,

Convaincu de votre ardent souci de travailler pour la population du Sud-Kivu, nous vous prions de bien vouloir tenir en compte toutes nos recommandations, et ça serait « gouverner autrement ». L’autorité de l’Etat, votre autorité en dépendent.

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Gouverneur de Province, l’expression de nos sentiments patriotiques.

Pour la NDSCI,

                                                                                Jean Chrysostome KIJANA,

 

                                                                                          Président National