Premier tête-à-tête ce jeudi 29 août 2019 entre la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, « NDSCI-CHUNVI YA CONGO », et le Gouverneur du Sud-Kivu, SE Theo NGWABIDJE KASI.

Conduite par son Président national, Jean Chrysostome Kijana, pendant plus de deux heures, la délégation de cette grande faîtière de la société civile a saisi l’occasion pour échanger à bâton rompu avec l’autorité provinciale sur plusieurs questions et préoccupations de la population du Sud-Kivu. Aucun dossier n’a été oublié.

De la maladie à virus Ebola :

S’agissant de cette grande pandémie qui décime nos compatriotes, la NDSCI a salué et encouragé le Gouverneur de Province pour les efforts fournis afin de contenir la propagation de cette dangereuse maladie. La NDSCI a particulièrement attiré l’attention de l’autorité provinciale sur le renforcement des mesures de sécurité surtout en cette veille de la rentrée scolaire afin de garantir une bonne sécurité à nos enfants. En réponse, le Gouverneur de Province a annoncé la distribution dès ce weekend d’un lot important du matériel de prévention contre cette maladie, dont des sceaux et du chlore.

La NDSCI a parlé de sa campagne de sensibilisation dans le cadre de prévention de cette grave maladie, dénommée : « EBOLA QUI ES-TU ? ». Il a été rappelé que, sans aucune assistance d’un quelconque partenaire, des campagnes de sensibilisation sont continuellement menées notamment sur le littoral du lac à LUGENDO, ISHUNGU, BIRAVA, MINOVA et dans la ville de Bukavu au cours de certaines activités culturelles, mais aussi à travers ses émissions spécialisées sur des médias partenaires.

De la problématique de protection du patrimoine de l’Etat :

La NDSCI a interpellé l’autorité sur le risque que court la Province du Sud-Kivu de se retrouver sans aucun patrimoine public dans les années venir. La NDSCI a invité le Gouverneur de Province à se démarquer de ses prédécesseurs qui se sont tous illustrés dans des mauvaises pratiques de spoliations et ventes des biens du patrimoine public.

En réponse, le Gouverneur s’est engagé à ne ménager aucun effort afin que sous son règne, le patrimoine de l’Etat ne subisse pareil sort.

Poursuivant sur cette lancée, la NDSCI a soumis encore une fois au Gouverneur la question des cimetières de Ruzizi où les morts cohabitent et se disputent les espaces avec les vivants. La NDSCI a invité l’autorité à prendre, toutes affaires cessantes, de courageuses décisions allant dans le sens d’honorer nos morts en protégeant efficacement ce site qui cause aujourd’hui la honte à tout un peuple.

Et pour y pallier, dans le souci de répondre aussi à cette carence de plus en plus criante de manque d’espace pour enterrer les morts, la NDSCI a sollicité du Gouverneur de Province qu’il soit trouvé un autre espace, notamment du côté Nord de la ville (Murhesa) pouvant accueillir nos morts comme cela était déjà prévu à l’époque du Gouverneur Cishambo et du Maire YOGOLELO.

Le Gouverneur s’est montré très réceptif à cette proposition et a promis de l’étudier via ses services techniques.

Du sensible dossier de MBOBERO :

Evoquant cette question, la NDSCI a rappelé au Gouverneur de Province le contenu du dernier mémorandum lui adressé par les victimes de Mbobero lors de la manifestation publique du 20 aout 2019 devant son cabinet de travail.

La NDSCI a porté à la connaissance du Gouverneur de Province que la situation qui se passe actuellement à Mbobero devrait constituer une priorité pour tout citoyen doté d’humanisme. Mbobero est aujourd’hui une véritable prison à ciel ouvert, un véritable « GUANTANAMO » où les droits et libertés des citoyens sont impunément violés.

A la veille de la rentrée scolaire, avec un site intellectuel regorgeant de trois grandes écoles (EP KACUBA, Collège KITUMAINI et le Collège Sainte Anne), la NDSCI a sollicité de l’Autorité Provinciale la démilitarisation de MBOBERO afin d’épargner aux enfants et autres écoliers tout traumatisme lié à la présence massive et lourdement armée de cette bourgade.  Il a aussi été déploré et dénoncé par la NDSCI, dans un langage franc et direct qu’on lui reconnait, de graves exactions et violations des droits de l’Homme qui s’y commettent en toute impunité.

Sensible, l’autorité provinciale s’est engagée à déployer toute énergie nécessaire afin qu’aucune violation des droits de l’homme qui s »y commette ne reste impunie. En réponse à la sollicitation de la NDSCI, au nom des victimes de MBOBERO, de le voir faire une descente sur terrain, à l’instar de toutes les descentes qu’il opère à travers la Province là où il y a des problèmes ; le Gouverneur a promis de s’y rendre et de se rassurer de tout ce qui se passe dans cette contrée.

De la prochaine rentrée scolaire :

La NDSCI a spécialement attiré l’attention de l’autorité provinciale sur certains dérapages de certains responsables et gestionnaires d’écoles qui continuent d’extorquer les parents avec des frais et autres exigences ne devant plus exister. Il lui a aussi été invité de voir dans quelle mesure réguler cette situation dans les écoles du secteur privé où les promoteurs se comportent en des petits roitelets. Le Gouverneur y a réservé une suite favorable et s’est engagé à sévir fermement.

De la catastrophe de la Route d’Uvira :

La NDSCI, structure qui accompagne les victimes de cette horrible catastrophe, ne s’est pas soutirée de l’obligation de partager au Gouverneur de Province ses inquiétudes en rapport avec cette macabre situation. La NDSCI a fait part au Gouverneur de Province de sa démarche d’accompagnement des victimes en justice afin que les coupables soient punis. C’est ainsi qu’il lui a été porté connaissance qu’une dénonciation valant plainte venait d’être déposée auprès du Procureur Général près la Cour d’Appel de Bukavu ce même jour.

Faisant suite à son moratoire de sept jours accordé au Gouvernement provincial, la NDSCI a accueilli avec satisfaction l’engagement de l’autorité à prendre des sanctions administratives et mettre à la disposition de la justice tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont été impliqués dans pareilles pratiques.

La NDSCI a, à la même occasion, sollicité de l’Autorité des mesures et instructions afin de permettre aux familles des victimes de procéder à l’enterrement en toute dignité, dès demain vendredi 30 août 2019, de nos trois compatriotes. Elle a été informée, séance tenante, de l’appui du Gouvernement Provincial via un de ses ministres pour les frais funéraires des victimes.

Du coulage des recettes et autres malversations :

La NDSCI a attiré l’attention provinciale sur ce cas. En réponse, le Gouverneur de Province a partagé à ses hôtes son engagement et combat afin d’éradiquer ce fléau. C’est ainsi qu’il nous a été informé de l’informatisation d’ici janvier 2020 de tous les services générateurs des recettes. Un marché serait actuellement en cours allant dans ce sens. Et qu’à partir de ce mois de janvier, il sera désormais possible aux assujettis de payer même leurs charges via « mobile bank ». Le Gouverneur a aussi porté à la connaissance de ses hôtes de la réduction sensible du nombre exorbitant de multiples taxes au profit de la Province, son objectif étant de passer de plus de 170 taxes et autres redevances à tout au maximum 30.

La NDSCI, fidèle à sa philosophie de faire de la société civile une force de participation et contribution positive, en a profité pour faire au Gouverneur des propositions pratiques et concrètes sur différents dossiers de plaidoyer en faveur de la communauté.

Le dialogue citoyen restant une des grandes vertus de la démocratie, les deux parties se sont convenues de se rencontrer une fois tous les deux mois.

La NDSCI, société civile de proximité, reste déterminée à accompagner, dans un élan de citoyenneté responsable, l’autorité provinciale dans toutes ses actions allant dans l’intérêt suprême des citoyens. Elle réaffirme aussi son engagement à toujours dénoncer tout comportement ou attitude du gouvernement provincial allant dans le sens de s’inscrire dans une démarche marchant à contre-courant des intérêts légitimes des citoyens.

Il convient de préciser que cette rencontre est venue clôturer une journée marathon de plaidoyer mené par cette structure, l’Eglise au milieu du village, en faveur de la communauté.

Bien avant, une marche pacifique a réuni près d’une centaine de personnes, essentiellement des membres des familles de victimes de l’éboulement de la Route d’Uvira. Sous l’accompagnement citoyen de la NDSCI, les membres de familles des victimes ont eu à marcher depuis le lieu du sinistre en face du CERDAF jusqu’au parquet général de Bukavu. A ce niveau, une dénonciation valant plainte a été officiellement déposée par l’un des conseils de victimes, en la personne du Professeur Me Arnold NYALUMA.

Ce dépôt a été suivi par deux grandes audiences. La première accordée par le Procureur Général et la deuxième par le Procureur de la République, aux deux représentants de familles de victimes et à leur conseil et accompagnateurs, respectivement représenté par Me NYALUMA et le Président Jean-Chrysostome KIJANA.

Il sied de préciser qu’à l’issue de toutes ces démarches, il a été obtenu l’ouverture par le parquet d’un dossier et l’accomplissement par des magistrats instructeurs de certains actes de la procédure.

La NDSCI, de concert avec les autres forces vives et sociales, notamment les mouvements citoyens Réveil des Indignés, OBAPG et Il est Temps, réaffirme ainsi sa détermination et engagement à traquer, jusqu’à leurs derniers retranchements tous ces « kulunas en cravate » qui mettent en difficulté les vies de nos compatriotes.

D’autres éléments approfondis des plaidoyers menés se retrouvent dans le cahier des charges destinés à l’Autorité Provinciale.