En séjour à Bukavu, capitale du Sud-Kivu pour une visite de travail, le Président de la République Démocratique du Congo, SE Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO  a accordé une audience à la société civile, à travers ses deux principales faîtières, à sa voir la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, représentée par son Président National, M. Jean Chrysostome KIJANA et la société civile forces vives représentée par son Président provincial, M. Patient BASHOMBE accompagnée de Mme Stella YANDA au nom de la composante femme de la société Civile.

Cette première a eu lieu au salon de l’Hotel Orchids de Bukavu où était logé le Chef de l’Etat. Les échanges ont été très conviviaux avec un Président de la République humble et réceptif.  Plusieurs dossiers brillants ont été soumis à l’intention du Président de la République. Au vu de l’intérêt des points soulevés, le Président de la République s’est engagé à garder un contact permanent avec la société civile. Il a eu à reconnaître la force et le rôle aussi important qu’a toujours joué la société civile congolaise en général et celle du Sud-Sud-Kivu en particulier. Pour le Président de la République, ce pouvoir n’est que son pouvoir, il est aussi le pouvoir de tout un peuple, le pouvoir des acteurs de la société civile qui se sont battus jusqu’au sacrifice pour que cette alternance soit une réalité.

Et de leur côté, les émissaires de la société civile ont réitère leur engagement à accompagner en toute citoyenneté responsable le combat pour la renaissance du Congo que s’est assigné le Président de la République.

Pour une bonne rédevabilité, modèle de gouvernance et de communication de la NDSCI, l’Eglise au milieu du village, nous vous prions de découvrir l’intégralité du cahier des charges remis au Président de la République.

Et avant d’y arriver, la NDSCI qui a, appris comme tout le monde, la catastrophe qui s’est abattu sur une partie de l’équipe du Président de la République avec la disparition de cet antonnov. La NDSCI témoigne toute sa compassion à l’endroit du Chef de l’Etat et aussi à l’ensemble des familles biologiques, professionnelles et politiques des victimes de ce drame.

 

BRÈVE INTRODUCTION

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, est heureuse de cette opportunité lui offerte afin de s’adresser, en toute citoyenneté responsable à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix Antoine TSHISEKEDI, à l’occasion de sa visite officielle et de travail dans la Province du Sud-Kivu.

La NDSCI est une des faitières de la société civile congolaise qui a pour principale mission l’accompagnement du peuple congolais dans le processus de changement des mentalités en vue d’une citoyenneté responsable. La NDSCI fait de la société civile un outil de contribution et participation citoyennes. Elle est actuellement implantée dans les provinces : Sud-Kivu, Maniema, Nord-Kivu, Haut Katanga, Lualaba, Kinshasa et Tshopo. Elle poursuit sans désemparer son implantation afin de couvrir l’ensemble de la République et contribuer aussi à la renaissance de notre grand pays.

La NDSCI souhaite au Chef de l’Etat, Président de la République un très agréable séjour au Sud-Kivu.

Par cette même occasion tient à dire tout haut ce que la majorité du peuple congolais dit tout bas. Ces vérités et autres révélations sont puisées, pour une bonne partie de nos différentes lettres ouvertes adressées au Chef de l’Etat depuis son accession à la magistrature suprême.

Qu’il nous soit permis de résumer dans les lignes qui suivent les principales recommandations de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC.

Voici les principaux problèmes sociaux :

  1. EDUCATION :

La NDSCI salue à  sa juste valeur et soutient sans faille la détermination du SE Monsieur le Président visant à rendre effective la mesure de la gratuité de l’enseignement de base sur l’ensemble de la République. Etant une mesure grande portée, nous sollicitons de votre excellence toutes les mesures idoines d’accompagnement de cette avancée afin que les enseignants et autres responsables de ce secteur ne trouvent pas d’alibi pour hypothéquer l’avenir de nos enfants, de notre jeunesse.

Nous voudrions aussi attirer l’attention de votre Excellence sur le secteur privé de l’éducation. Dans ce secteur, les responsables se comportent en des petits rois et continuent à matraquer les pauvres parents par des frais scolaires et autres fixés de manière isolée et très exorbitant. N’étant pas dans une société sans loi ni autorité, nous vous prions d’y accorder une attention aussi soutenue en instruisant votre ministre ayant l’EPSP dans ses attributions, de prendre des mesures règlementaires dans ce secteur.

Pour ce qui est de l’enseignement supérieur et universitaire, nous sollicitons de votre excellence une implication personnelle afin que ce secteur vital de la formation et éducation de notre jeunesse recouvre son sa belle  image.

Ce secteur doit être dépolitisé, Excellence. Il est inadmissible d’avoir à la tête de nos institutions certains responsables académiques qui n’ont que leur appartenance et militantisme politique comme justifications de leur responsabilisation. Et pour un Congo nouveau, nous avons besoin aussi d’hommes et des femmes compétents susceptibles de servir correctement loyalement la Nation. Nous suggérons à votre excellence, de revenir à la politique de non originaires dans les futures mises en place des autorités académiques. L’enseignement supérieur et universitaire ne doit être politisé ni tribalisé. Il en va de l’avenir de toute notre Nation.

  1. SECURITE :

A ce sujet, nous saluons à sa juste valeur votre engagement et détermination à stabiliser et pacifier l’ensemble de la République, les provinces de l’EST en particulier. Soyez rassuré de notre ferme accompagnement.

Qu’il plaise aussi à votre excellence, de bien voir dans quelle mesure rendre effective votre promesse de campagne de délocalisation de l’Etat-major des FARDC dans la région de BENI afin de mettre fin à cette nébuleuse d’ADF-NALU.

Au-delà de cette délocalisation, permettez-nous de vous suggérer les mesures suivantes :

  • Etats généraux sur la problématique de la persistance de l’insécurité en RDC en général et les provinces de l’EST en particulier ; ces états généraux qui seraient élargis à certaines forces vives et sociales de la République aurait pour, entre autres objectifs, l’analyse minutieuse et sans complaisance de toutes les anciennes opérations militaires menées par le passé. Évaluer les avancées et les échecs, serait une bonne démarche allant dans le sens de tirer des conclusions et nous permettrait d’améliorer les nouvelles opérations militaires à venir.
  • Changer toute la chaine de commandement dans les zones rouges en y déployant des nouvelles unités et des nouveaux responsables à la tête non seulement des FARDC, mais aussi d’autres services de sécurité comme l’ANR, la DGM, la PNC,…Il est inadmissible qu’un officier fasse plus de cinq ans dans une même entité devenant ainsi des véritables coutumiers se livrant à des extorsions de la population et autres trafics contraires à la déontologie et règlement militaire.
  • Déployer à l’Est des nouvelles unités essentiellement des non originaires, ceci mettrait ainsi fin à la nouvelle triste réalité de : « à chaque communauté son groupe armé ».
  1. SOCIO-POLITIQUE

Dans le souci de permettre à votre Excellence de mener à bon port votre politique de changement en mettant l’homme au centre de tout, nous prions de ne pas céder aux démarches politiciennes tendant à faire sauter déjà certains gouverneurs. Ce souci qui les anime, n’est pas malheureusement  pour le bien de la population congolaise, mais beaucoup plus pour leurs intérêts égoïstes, claniques, et politiques.

Nous suggérons à votre excellence, comme garant de la stabilité d’institution sur l’ensemble de la République, de ne révoquer ou permettre le départ d’un gouverneur de Province que sur base d’une évaluation objective de ses actions au profit de sa Province. Un accent particulier est mis sur la Province du Sud-Kivu. Cette province a déjà battu le record de la République en terme de changement des gouverneurs ; et ceci a pour conséquence le non décollage et développement de la Province. Nous voudrions accorder à tous les gouverneurs de Provinces le bénéfice du doute en attendant votre évaluation comme vous l’aviez promis au peuple congolais.

Nous ne pouvons pas terminer cette partie, sans pour autant  inviter votre Excellence à ne ménager aucun effort en s’opposant à la vielle méthode et politique de dédoublement des partis politiques. Vous avez eu à en être victime par le passé, nous supposons donc que ça ne sera pas vous viendrait vous contredire en cautionnant ces méthodes d’une autre époque.

Nous invitons aussi votre Excellence à œuvrer sans relâche à la moralisation de la vie et classe politique. L’égoïsme, la corruption, les détournements des dénies publics devraient prendre fin.

Sur le plan social, nous voudrions solliciter à votre Excellence votre implication personnelle, comme cela a été promis par-vous au terrain de Funu pendant la campagne électorale, dans la recherche et dénouement de l’épineuse problématique des Institutions de Micro-Finances, dites coopératives d’épargne et des crédits.

Cette escroquerie savamment entretenu par certains responsables politiques et publics a déjà causé plusieurs dégâts incommensurables. Nous y avons déjà comptabilisé plus de 15 morts ici à Bukavu de citoyens victimes de cette escroquerie. Des familles disloquées, des enfants obligés à abandonner le chemin de l’école,…Rien que pour la COPEC IMARA, la ville de Bukavu à elle seule ne compte plus de 12000 membres et leurs épargnes avoisineraient les 50 millions de dollars à ce jour.

Ailleurs, Excellence Monsieur le Président de la République, les citoyens se sentent protégés par les Etats. C’est seulement chez nous en RDC où les citoyens sont abandonnés à leur triste sort en se faisant escroquer au vu et au su de toutes les autorités. Ça mérite aussi une attention particulière à ce sujet, Excellence.

Excellence Monsieur le Président de la République, ça serait un péché mortel si nous ne portons pas à votre connaissance la délicate question de « MBOBERO » où des habitants de cette contrée (HONGO, IKAMBI, MBIZA, KAGABI, MURUNDU,…) sont en conflit foncier avec votre prédécesseur, le sénateur à vie, Joseph KABILA KABANGE. Cette situation qui n’a que trop durer (depuis 2016, date à laquelle les premières démolitions ont eu lieu, dont un hôpital moderne démolie à coups de pioche par les militaires obligeant les malades qui y étaient internés à prendre les larges, au risque de leur vie. Même l’intervention chirurgicale qui était en cours, rien n’a pu empêcher aux éléments déployés ce jour d’épargner cette institution sanitaire de cette méchanceté et barbarie. Il vous souviendra, Excellence Monsieur le Président de la République que même en pleine guerre, il est strictement interdit de s’en prendre aux installations sanitaires. Ceci constitue donc un véritable crime contre l’humanité. Aujourd’hui, le calvaire de ce peuple qui, fait aussi partie du « peuple d’abord » ne fait que se poursuivre. Des militaires lourdement armés et déployés dans ces collines sont à la base de plusieurs graves violations des droits de l’homme (4 morts déjà enregistrés), des viols sur des femmes et enfants se portent à merveille et cela en toute impunité. Pas plus  tard qu’il y a une semaine, un jeune garçon de huit (8 ans) a été violé par un élément des FARDC. C’est un véritable « NGUATANAMO » dans lequel vivent les habitants de la contrée.

En plus des hectares abusivement ravis à cette pauvre population, ce sont les dix mètres de rive aux abords du lac Kivu sur la partie opposée à la concession querellée de Mbobero qui sont actuellement clôturés et annexés à la concession en question. Nos enfants et générations futures se voient donc privé de ce patrimoine commun à nous tous.

Nous sollicitons à votre Excellence de transmettre les cris et doléances à votre prédécesseur et lui dire que cette population ne veut que la paix et la cohabitation harmonieuse entre voisins. Une rencontre entre lui et les vrais représentants de cette communauté, s’impose.

  1. JUSTICE ET DROITS DE L’HOMME :

Nous prions à votre Excellence d’accorder une attention toute particulière au secteur de la justice. Ne dit-on pas que « seule la justice élève une Nation » ? Oui, au pardon, oui à la réconciliation, mais il y aura jamais de vrais et sincères pardons sans une véritable justice en RDC. Une justice égale et équitable à toutes les congolaises et tous les congolais. Merci d’y voir de très près, Excellence.

Et pour accompagner votre combat dans la lutte contre les antivaleurs en général et la corruption en particulier, nous vous rassurons de notre ferme accompagnement via notre campagne nationale « Zéro Corruption – RDC, Nation sans corruption » et sollicitons de votre excellence des moyens conséquents pour bien mener ce combat citoyen : seul vous ne pouvez rien.

Et toujours fidèle à notre nouvelle vision de faire de la société civile, une société civile de contribution et participation, nous avons l’honneur et la joie de vous annoncer le lancement par notre organisation en partenariat avec les organisations du collectif « Tournons la page » d’une vaste campagne nationale de pardon et réconciliations sincères. Nous procéderons à une grande manifestation publique à Kinshasa en date du 15 novembre 2019, et serons très honoré s’il plaisait à votre Excellence de nous honoré de votre présence personnelle à ce grand rendez-vous de l’histoire de notre pays.

Et c’est au cours de cette même occasion, que nous nous ferons le devoir de remettre à votre Excellence votre diplôme de mérite «  Patriote en Or – grand artisan de la démocratie ».

 

Ci-reprises nos différentes lettres ouvertes vous adressées depuis votre ascension à la tête de notre cher et beau pays. Elles reviennent sur plusieurs problèmes cruciaux de notre pays.

Objet : Lettre ouverte de la NDSCI : « Le peuple congolais attend beaucoup de vous »

Excellence Monsieur le Président de la République,

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, est toute heureuse d’approcher votre autorité suprême afin de vous partager, en toute liberté et dans le respect des lois de la République en vertu desquelles nous avons la possibilité constitutionnelle de nous adresser à ceux et celles qui nous gouvernent afin de vous partager ce qui lui tient à cœur et, à travers elle, ce qui tient à cœur l’ensemble du peuple congolais. Nous vous remercions d’ores et déjà du temps et de l’attention toute particulière que vous accorderez à la présente correspondance.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Qu’il nous soit permis avant toute chose de saluer votre accession à la magistrature suprême à l’issue des élections générales du 30 décembre dernier. Nous saisissons donc cette occasion pour vous présenter nos très vives et chaleureuses félicitations et promettons, en tant que société civile de renouveau et de proximité, Eglise au milieu du village, de vous accompagner en toute citoyenneté responsable tout au long de votre mandat afin  que le changement tant attendu par la population congolaise, longtemps meurtrie, soit enfin une réalité.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les Congolais sont unanimes et ne jurent que par et pour le changement. Le refus de la continuité caractérisé par l’échec cuisant du candidat du régime précédent témoigne à outrance le souci ardent de la population de vivre de grands changements et de profondes réformes dans leur vécu quotidien et de voir leur pays, le grand Congo, recouvrer sa place dans le concert des Nations et la dignité de son peuple longtemps lui confisquée.

Ce changement pour qu’il soit une réalité, exige de vous, Garant de la Nation, de grandes mesures courageuses et historiques.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Point n’est besoin de vous rappeler l’état dans lequel se trouve notre pays, pour lequel l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, parti cher au Patriarche Etienne TSHISIKEDI Wa MULUMBA, d’heureuse mémoire, a ardemment combattu jusqu’au dernier souffle. Ce combat, nous n’en doutons pas, est aussi le vôtre et nous vous encourageons à le mener au bon port afin que le peuple congolais sente et vive réellement le changement auquel il aspire. Comme vous vous en êtes rendu compte, dans tous les secteurs de la vie rien ne marche. Tous les indicateurs sont au rouge !

Le peuple souffre ! Le peuple ne se sent protégé par l’Etat comme cela est fait sous d’autres cieux.

Le peuple manque de tout et de rien. Toutes les infrastructures sont quasi inexistantes.

L’insécurité permanente et généralisée : plus de sept millions de morts suite à des guerres interminables dont les principales motivations, si pas les seules, ne sont justifiées que par le pillage stratégique des ressources naturelles dont regorge le sol congolais : c’en est trop ! Nulle part au monde où on a eu à enregistrer pareil bilan humain. Mais alors qui en parle ? Qui en fait son cheval de bataille ? On dirait que les Congolais sont moins humains que les autres peuples du monde. Il est temps qu’on en parle, et qu’on obtienne réparation et qu’il soit, enfin et définitivement, mis fin à cette situation, Son Excellence monsieur le Président.

Le manque d’emplois et d’encadrement de la jeunesse. Une jeunesse pourtant dynamique, mais qui est clochardisée et abandonnée à son triste sort. Une jeunesse qui depuis un temps essaye de se réveiller et de sortir de son inaction. Une jeunesse prête aujourd’hui à se battre jusqu’au sacrifice suprême afin que son sort change, comme on l’a vu très récemment dans ce combat pour la démocratie et l’alternance dans notre pays. Une jeunesse qui regorge de compétences qui peuvent vous être utiles dans la conduite des affaires de l’Etat.

Le viol et autres violences faites aux femmes utilisées aujourd’hui comme une arme de guerre, poussant certaines langues à qualifier le Congo de capitale mondiale de la violence sexuelle ! Plus jamais ça ! Des femmes violées, brulées vives, utilisées, réduites en esclaves sexuelles. Seul au Congo où les femmes continuent à mourir pour donner naissance, notamment suite à la défectuosité du système de santé maternelle et infantile, et au manque de politique de prise en charge de la maternité pourtant un droit fondamental inhérent à la vie humaine.

Des personnes vivant avec handicap humiliées, rejetées par la société et contraintes à la mendicité. Des personnes du troisième âge abandonnées à leur triste sort, injustement accusées de sorcellerie, rejetées et déconsidérées par la société ; leur « pêché », avoir bénéficié de la grâce divine de réaliser autant d’années sur terre, grâce qui n’est pas donnée à tous.

Des citoyens sont abusivement escroqués par des institutions dites de micro finances sans que l’Etat qui est censé les protéger ne fasse absolument rien. Ils sont aujourd’hui près de 20.000 personnes victimes des coopératives d’épargne et de crédit, notamment Imara, Mecrebu, Nyawera,…à Goma, à Bukavu et ailleurs. Cette situation a entrainé la perte de plus de 12 millions de dollars américains et est à la base aujourd’hui de plusieurs problèmes et difficultés dans nombreux ménages. Une dizaine de morts déjà enregistrés suite aux maladies cardiaques provoquées par ces désastres, sans compter le nombre d’enfants et étudiants qui se sont retrouvés dans les rues par manque de moyen financier pour poursuivre avec leurs études. En dépit de tous les efforts et revendications faites, rien n’a été trouvé comme solution que nous espérons trouver, cette fois-ci, par votre entremise et forte implication personnelle dans ce dossier de dimension nationale.

Les antivaleurs avec à leur tête la corruption et le tribalisme gangrènent au plus haut sommet notre société et en particulier les institutions étatiques caractérisées par la concussion au point que tous les services réputés gratuits sont aujourd’hui monnayés. Dans tous les secteurs de la vie, la corruption se fait vivre à ciel ouvert et sans que cela émeuve ni interpelle personne. Elle a atteint des proportions vertigineuses au point que tout le monde a tendance à la considérer comme la règle et toute personne qui ne s’y adonne pas est pris comme anormale ou déviante.

La corruption, ce fléau qui a totalement détruit notre pays. Erigée en règle, elle a détruit tous les systèmes et circuits, y compris l’administration publique, l’éducation, les services de sécurité et la justice. Comment espérer la vaincre quand elle est pratiquée même par ceux qui ont le pouvoir de la réprimer ?

Et aussi longtemps que l’impunité sera le mode de gouvernance dans notre pays, nous ne pouvons jamais espérer vaincre la corruption et tous les autres maux qui l’entourent et l’accompagnent.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous saluons à sa juste valeur votre engagement pris devant le peuple congolais à faire de la lutte contre la corruption votre cheval de bataille durant votre quinquennat, nous vous témoignons notre total soutien et vous promettons notre accompagnement sans faille. Ce combat contre la corruption, seul vous ne pouvez pas y arriver, mais avec la participation de tous les bons citoyens, nous croyons que c’est possible de vaincre ce fléau. Ainsi donc, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, en partenariat avec d’autres forces vives de la Nation s’engagent à vous accompagner à travers une grande campagne nationale : « Zéro Corruption en RDC ». Cette vaste campagne va essentiellement s’appuyer sur deux volets, à savoir : INCITATIF et DISUASSIF. Ainsi s’appuyant sur ces deux leviers, il sera procédé d’un côté à l’éducation et sensibilisation des masses et de l’autre à la surveillance, aux enquêtes et dénonciations. Une application téléphonique prête à être installée sur tous les appareils de communication (smartphones, Android, App store) sera disponibilisée et mise à la portée de tous les citoyens afin de lutter contre la corruption. Un call center sera aussi installé afin de permettre aux bons citoyens de dénoncer toute corruption ou tentative de corruption. Avec l’engagement de nous tous, nous espérons vaincre la corruption.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Dans son combat pour une justice sociale, économique et distributive, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile a lancé depuis le 1er février 2019 une campagne nationale de revendication du mieux-être de l’ensemble de la population congolaise qu’elle a dénommée : « Congo Ni Yetu Wote », « Congo Ya Biso Nyonso », « le Congo est à nous Tous ». Cette campagne vise essentiellement la suppression, si pas la réduction, du fossé très criant qui existe dans notre société avec d’un côté une petite minorité des personnes scandaleusement riches et, de l’autre, une très grande majorité broyant une misère sans pareil ! La répartition équitable des ressources au profit de tous les citoyens en constitue aussi la raison.

Comment comprendre, Excellence Monsieur le Président de la République, qu’il  soit accordé à un ministre ou autre responsable politique et public plus de 15.000 US$ le mois et qu’à un enseignant qui a formé ce même responsable ou un policier qui assure la garde de ce même responsable, 80 US$ ? N’est-ce pas une injustice entretenue ? C’est plus qu’inhumain, Excellence Monsieur le Président de la République.

Dans le cadre de cette campagne, une pétition destinée à votre haute autorité et initiée par notre organisation est en circulation actuellement pour collecter les signatures des Congolais épris de justice distributive afin de solliciter votre implication personnelle pour la réduction du train de vie des dirigeants au bénéfice des petits citoyens. Et ça serait le début du couronnement du combat cher à votre père d’heureuse mémoire qui, toute sa vie durant, s’est battu pour la démocratie en ayant comme doctrine « le peuple d’abord ». Nous souhaitons vous remettre ladite pétition en mains propres dans les jours à venir.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Le 24 janvier dernier, vous avez juré devant toute la Nation et prenant Dieu à témoin de

servir loyalement et fidèlement la République Démocratique du Congo et son peuple. A cette occasion, vous avez pris possession de tous les attributs de l’imperium. Dès lors, vous êtes devenu Président de la République, Chef de l’Etat, Commandant Suprême des Forces Armées et de la Police Nationale, Magistrat suprême et garant de la Nation. Quelles lourdes responsabilités ! Votre accession au pouvoir est intervenue dans des circonstances très difficiles et compliquées. Cette alternance, point n’est besoin de vous le rappeler, Excellence Monsieur le Président de la République, nous l’avons obtenue au prix d’énormes sacrifices, y compris humains, dont beaucoup de nos compatriotes ont payé le prix en versant leur sang à l’instar de Rosy MUKENDI, la Sœur KAPANGALA, Luc NKULULA, Floribert CHEBEYA,…, nous l’avons obtenu au prix des gaz lacrymogènes et balles réelles nous tirées sans sommation et allant jusqu’à nous poursuivre dans nos églises et sacristies. Ce combat, nous l’avons mené ensemble : organisations de la société civile dans sa diversité, confessions religieuses, mouvements citoyens et vous les partis politiques de l’opposition de ce temps, y compris le vôtre. Nous vous avons vu inhaler le gaz lacrymogène, être pris à partie et violemment malmené par les agents des services de sécurité. Tous ces sacrifices consentis par nous tous, dont votre excellence ainsi que celles des autres leaders de l’opposition du moment, notamment votre actuel Directeur de Cabinet, l’honorable Vital KAMERHE, le soldat du peuple le très respecté Martin FAYULU, l’honorable Eve BAZAIBA et bien d’autres figures de proue de l’opposition comme celles de la société civile, ne devraient pas être oubliés. Fruit d’énormes sacrifices, vous n’avez donc aucune dette morale envers une quelconque personnalité ou une famille politique donnée.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Des rumeurs de plus en plus persistantes font état d’accords secrets que vous auriez signés au nom de votre coalition politique, le CACH, et l’ancienne majorité présidentielle. Certaines langues vont même jusqu’à affirmer que vous serez otage de ces accords et cela ne vous permettrait pas de diriger le pays comme vous l’auriez souhaité. Nous refusons de croire à pareilles machinations et continuons à croire dur comme fer que vous êtes et serez en mesure d’imprimer votre marque de gouvernance et laisser d’empreintes indélébiles votre règne.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Et dans l’hypothèse même que ces soient disant accords existaient, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, pense que vous n’êtes pas lié au respect desdits accords allant à l’encontre des aspirations légitimes du peuple congolais. Les seuls accords qui peuvent vous lier ce sont ceux faits pour et dans l’intérêt de l’ensemble du peuple congolais. Tout autre accord taillé sur mesure pour protéger des intérêts égoïstes d’un clan politique ne devrait pas vous lier. Et la base vous dit alors : « si accord il y a, il est grand temps de vous en affranchir. Le seul pacte qui vous lie c’est la constitution de notre pays ». Rassurez-vous, Excellence Monsieur le Président de la République de tout notre soutien indéfectible dans cette démarche qui n’aurait autre mobile que de sauver notre pays du joug  de la prédation.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Pour terminer cette adresse, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, esclave de la justice et de la vérité, se permet  de vous partager tout haut ce qui est dit tout bas par la grande majorité de la population congolaise :

  1. Le peuple refuse la continuité:

Pour relever tous les défis et problèmes susmentionnés, vous avez besoin de nouvelles figures et énergies. Des nouvelles personnes jouissant d’une probité morale irréprochable ; ces personnes existent, notamment au sein de cette jeunesse de plus en plus dynamique.  Le Congo c’est plus de 70 millions de Congolais et parmi eux il y a des hommes et des femmes aptes à servir autrement la  Nation.

La direction des affaires de l’Etat ne devrait plus être toujours entre les mains des mêmes personnes : ministre sous MOBUTU, ministre sous Mzee Laurent-Désiré KABILA, ministre sous Joseph KABILA, ministre encore sous Félix TSHISEKEDI. Parmi les causes qui bloquent l’avancement de notre chère Nation, il y a aussi cette gestion de la République en un club d’amis, en une clique des complices se protégeant les uns les autres.

Si pendant des décennies comme hauts responsables ils n’ont pas été en mesure de faire développer le pays, pensez-vous qu’ils pourront le faire en cinq ans de votre mandat ? Certes, le Congo a besoin de toutes ses filles et tous ses fils, mais au vu des résultats décevants, la logique voudrait qu’on essaye de nouvelles personnes aux mains propres. Personne n’est né ministre ni PDG ou ADG, Excellence Monsieur le Président. Le pays ne doit plus être pris en otage par un club d’amis qui se côtoient des années durant et qui ont déjà créé des circuits mafieux pour écrémer l’Etat congolais, le vider de toute sa substance jusqu’à ne rien lui laisser.  « A un nouveau régime, un nouveau système ! A un nouveau régime, un nouveau style de gouvernance ! A un nouveau régime, des nouveaux animateurs ! », faute de quoi, c’est la continuité et la « base » dont vous êtes précurseur vous et votre estimé Directeur de Cabinet, ne vous le pardonnera au bout de cinq ans.

Le Changement tant attendu passe aussi par le changement des acteurs, des animateurs des institutions de la République, de l’administration et des entreprises publiques. Le Congo a besoin d’une administration publique forte et modernisée. Une administration publique dépolitisée. La politisation à outrance des entreprises et autres services publics de l’Etat bloque le développement de la Nation. Cette politisation couplée au tribalisme qui est partie jusque dans les institutions d’enseignement supérieur et universitaire. Nous vous prions d’y voir un peu plus clair et vous conseillons de recourir à la politique de non-originaires afin de libérer notre administration publique et le secteur de l’ESURS.

  1. Oui à la réconciliation nationale, mais non à l’impunité :

Il nous semble indiqué, Excellence Monsieur le Président de la République, de vous rappeler qu’à chaque changement de régime correspond une certaine justice. Seule la justice relève une Nation. Ceux et celles impliqués dans des graves crimes, tous secteurs confondus, devraient être sanctionnés. Ne pas le faire c’est cautionner l’impunité et encourager la persistance des mêmes mauvaises pratiques qui ont plongé le pays dans le désastre. Une bonne réconciliation passe aussi et obligatoirement par la justice. Un détourneur des deniers publics hier, le fera aujourd’hui et encore demain s’il n’est pas sanctionné. Nous sommes convaincus que vous avez à votre portée les différents rapports d’organisations de la société civile et d’autres organismes internationaux épinglant des cas de corruption et de détournements des fonds du trésor public. Des rapports du Professeur LUZOLO BAMBI existent aussi. Le peuple vous en sera très reconnaissant si vous ne vous entourez pas des personnes aux mains sales ayant déjà cristallisé les antivaleurs comme la corruption et le détournement jusque dans leurs moelles épinières. Et pour vous permettre d’avoir des hommes et des femmes aptes à servir la Nation, nous vous conseillons d’exiger toujours pour toute nomination, une liste de trois à cinq personnes parmi lesquelles vous choisirez avec votre pouvoir discrétionnaire celui ou celle réunissant les critères voulus. Vous en avez l’expérience, car ayant été victime de cette exigence de plusieurs noms par votre prédécesseur lorsqu’il s’agissait de nommer un premier ministre à l’issu du dialogue de la CENCO. Merci aussi de faire la même chose.

 

  1. Demeurer esclave de la constitution et des lois de la République:

Comme garant et protecteur de la constitution, le peuple vous sera aussi reconnaissant si vous parvenez à n’avoir que la constitution comme seul guide et pacte social vous liant à lui. Nous vous prions donc, Excellence Monsieur le Président de la République, ayant déjà l’impérium du pouvoir, de vous affranchir de tous les accords politiques conclus et qui ne sont pas de nature à servir la Nation et le peuple. Ayant l’expérience de  «retrait de signature au nom de la base», celle-ci vous resterait reconnaissante à jamais si vous parvenez encore une fois à vous affranchir de tout accord qui existerait et ne serait pas de nature à favoriser une bonne gouvernance au sommet de l’Etat. L’expérience de votre homologue angolais, Joao Lourenço que vous veniez de rencontrer pourrait vous être utile.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Permettez-nous de terminer notre lettre par cet adage swahili, une de nos quatre langues nationales, qui dit que «Mutoto wa akili anasikiliyaka mu fujo».

Convaincu que la présente rencontrera votre patriotique attention et en attente d’être reçu par votre autorité afin de vous transmettre la pétition en circulation, de vous partager sur la campagne : « Zéro Corruption en RDC » ainsi qu’un cahier de charge plus élaboré, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, et à travers elle, toutes ces Congolaises et Congolais qu’elle sert, vous remercie de l’intérêt que vous y accorderez.

Sentiments patriotiques.

A Son Excellence Monsieur Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO,

Président de la République Démocratique du Congo (avec l’expression de nos hommages déférents)

À  Kinshasa-Gombe

 

Objet : Lettre ouverte de la NDSCI : « Le peuple congolais attend beaucoup de vous »

 

Excellence Monsieur le Président de la République,

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, est toute heureuse d’approcher votre autorité suprême afin de vous partager, en toute liberté et dans le respect des lois de la République en vertu desquelles nous avons la possibilité constitutionnelle de nous adresser à ceux et celles qui nous gouvernent afin de vous partager ce qui lui tient à cœur et, à travers elle, ce qui tient à cœur l’ensemble du peuple congolais. Nous vous remercions d’ores et déjà du temps et de l’attention toute particulière que vous accorderez à la présente correspondance.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Qu’il nous soit permis avant toute chose de saluer votre accession à la magistrature suprême à l’issue des élections générales du 30 décembre dernier. Nous saisissons donc cette occasion pour vous présenter nos très vives et chaleureuses félicitations et promettons, en tant que société civile de renouveau et de proximité, Eglise au milieu du village, de vous accompagner en toute citoyenneté responsable tout au long de votre mandat afin  que le changement tant attendu par la population congolaise, longtemps meurtrie, soit enfin une réalité.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les Congolais sont unanimes et ne jurent que par et pour le changement. Le refus de la continuité caractérisé par l’échec cuisant du candidat du régime précédent témoigne à outrance le souci ardent de la population de vivre de grands changements et de profondes réformes dans leur vécu quotidien et de voir leur pays, le grand Congo, recouvrer sa place dans le concert des Nations et la dignité de son peuple longtemps lui confisquée.

Ce changement pour qu’il soit une réalité, exige de vous, Garant de la Nation, de grandes mesures courageuses et historiques.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Point n’est besoin de vous rappeler l’état dans lequel se trouve notre pays, pour lequel l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, parti cher au Patriarche Etienne TSHISIKEDI Wa MULUMBA, d’heureuse mémoire, a ardemment combattu jusqu’au dernier souffle. Ce combat, nous n’en doutons pas, est aussi le vôtre et nous vous encourageons à le mener au bon port afin que le peuple congolais sente et vive réellement le changement auquel il aspire. Comme vous vous en êtes rendu compte, dans tous les secteurs de la vie rien ne marche. Tous les indicateurs sont au rouge !

Le peuple souffre ! Le peuple ne se sent protégé par l’Etat comme cela est fait sous d’autres cieux.

Le peuple manque de tout et de rien. Toutes les infrastructures sont quasi inexistantes.

L’insécurité permanente et généralisée : plus de sept millions de morts suite à des guerres interminables dont les principales motivations, si pas les seules, ne sont justifiées que par le pillage stratégique des ressources naturelles dont regorge le sol congolais : c’en est trop ! Nulle part au monde où on a eu à enregistrer pareil bilan humain. Mais alors qui en parle ? Qui en fait son cheval de bataille ? On dirait que les Congolais sont moins humains que les autres peuples du monde. Il est temps qu’on en parle, et qu’on obtienne réparation et qu’il soit, enfin et définitivement, mis fin à cette situation, Son Excellence monsieur le Président.

Le manque d’emplois et d’encadrement de la jeunesse. Une jeunesse pourtant dynamique, mais qui est clochardisée et abandonnée à son triste sort. Une jeunesse qui depuis un temps essaye de se réveiller et de sortir de son inaction. Une jeunesse prête aujourd’hui à se battre jusqu’au sacrifice suprême afin que son sort change, comme on l’a vu très récemment dans ce combat pour la démocratie et l’alternance dans notre pays. Une jeunesse qui regorge de compétences qui peuvent vous être utiles dans la conduite des affaires de l’Etat.

Le viol et autres violences faites aux femmes utilisées aujourd’hui comme une arme de guerre, poussant certaines langues à qualifier le Congo de capitale mondiale de la violence sexuelle ! Plus jamais ça ! Des femmes violées, brulées vives, utilisées, réduites en esclaves sexuelles. Seul au Congo où les femmes continuent à mourir pour donner naissance, notamment suite à la défectuosité du système de santé maternelle et infantile, et au manque de politique de prise en charge de la maternité pourtant un droit fondamental inhérent à la vie humaine.

Des personnes vivant avec handicap humiliées, rejetées par la société et contraintes à la mendicité. Des personnes du troisième âge abandonnées à leur triste sort, injustement accusées de sorcellerie, rejetées et déconsidérées par la société ; leur « pêché », avoir bénéficié de la grâce divine de réaliser autant d’années sur terre, grâce qui n’est pas donnée à tous.

Des citoyens sont abusivement escroqués par des institutions dites de micro finances sans que l’Etat qui est censé les protéger ne fasse absolument rien. Ils sont aujourd’hui près de 20.000 personnes victimes des coopératives d’épargne et de crédit, notamment Imara, Mecrebu, Nyawera,…à Goma, à Bukavu et ailleurs. Cette situation a entrainé la perte de plus de 12 millions de dollars américains et est à la base aujourd’hui de plusieurs problèmes et difficultés dans nombreux ménages. Une dizaine de morts déjà enregistrés suite aux maladies cardiaques provoquées par ces désastres, sans compter le nombre d’enfants et étudiants qui se sont retrouvés dans les rues par manque de moyen financier pour poursuivre avec leurs études. En dépit de tous les efforts et revendications faites, rien n’a été trouvé comme solution que nous espérons trouver, cette fois-ci, par votre entremise et forte implication personnelle dans ce dossier de dimension nationale.

Les antivaleurs avec à leur tête la corruption et le tribalisme gangrènent au plus haut sommet notre société et en particulier les institutions étatiques caractérisées par la concussion au point que tous les services réputés gratuits sont aujourd’hui monnayés. Dans tous les secteurs de la vie, la corruption se fait vivre à ciel ouvert et sans que cela émeuve ni interpelle personne. Elle a atteint des proportions vertigineuses au point que tout le monde a tendance à la considérer comme la règle et toute personne qui ne s’y adonne pas est pris comme anormale ou déviante.

La corruption, ce fléau qui a totalement détruit notre pays. Erigée en règle, elle a détruit tous les systèmes et circuits, y compris l’administration publique, l’éducation, les services de sécurité et la justice. Comment espérer la vaincre quand elle est pratiquée même par ceux qui ont le pouvoir de la réprimer ?

Et aussi longtemps que l’impunité sera le mode de gouvernance dans notre pays, nous ne pouvons jamais espérer vaincre la corruption et tous les autres maux qui l’entourent et l’accompagnent.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous saluons à sa juste valeur votre engagement pris devant le peuple congolais à faire de la lutte contre la corruption votre cheval de bataille durant votre quinquennat, nous vous témoignons notre total soutien et vous promettons notre accompagnement sans faille. Ce combat contre la corruption, seul vous ne pouvez pas y arriver, mais avec la participation de tous les bons citoyens, nous croyons que c’est possible de vaincre ce fléau. Ainsi donc, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, en partenariat avec d’autres forces vives de la Nation s’engagent à vous accompagner à travers une grande campagne nationale : « Zéro Corruption en RDC ». Cette vaste campagne va essentiellement s’appuyer sur deux volets, à savoir : INCITATIF et DISUASSIF. Ainsi s’appuyant sur ces deux leviers, il sera procédé d’un côté à l’éducation et sensibilisation des masses et de l’autre à la surveillance, aux enquêtes et dénonciations. Une application téléphonique prête à être installée sur tous les appareils de communication (smartphones, Android, App store) sera disponibilisée et mise à la portée de tous les citoyens afin de lutter contre la corruption. Un call center sera aussi installé afin de permettre aux bons citoyens de dénoncer toute corruption ou tentative de corruption. Avec l’engagement de nous tous, nous espérons vaincre la corruption.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Dans son combat pour une justice sociale, économique et distributive, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile a lancé depuis le 1er février 2019 une campagne nationale de revendication du mieux-être de l’ensemble de la population congolaise qu’elle a dénommée : « Congo Ni Yetu Wote », « Congo Ya Biso Nyonso », « le Congo est à nous Tous ». Cette campagne vise essentiellement la suppression, si pas la réduction, du fossé très criant qui existe dans notre société avec d’un côté une petite minorité des personnes scandaleusement riches et, de l’autre, une très grande majorité broyant une misère sans pareil ! La répartition équitable des ressources au profit de tous les citoyens en constitue aussi la raison.

Comment comprendre, Excellence Monsieur le Président de la République, qu’il  soit accordé à un ministre ou autre responsable politique et public plus de 15.000 US$ le mois et qu’à un enseignant qui a formé ce même responsable ou un policier qui assure la garde de ce même responsable, 80 US$ ? N’est-ce pas une injustice entretenue ? C’est plus qu’inhumain, Excellence Monsieur le Président de la République.

Dans le cadre de cette campagne, une pétition destinée à votre haute autorité et initiée par notre organisation est en circulation actuellement pour collecter les signatures des Congolais épris de justice distributive afin de solliciter votre implication personnelle pour la réduction du train de vie des dirigeants au bénéfice des petits citoyens. Et ça serait le début du couronnement du combat cher à votre père d’heureuse mémoire qui, toute sa vie durant, s’est battu pour la démocratie en ayant comme doctrine « le peuple d’abord ». Nous souhaitons vous remettre ladite pétition en mains propres dans les jours à venir.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Le 24 janvier dernier, vous avez juré devant toute la Nation et prenant Dieu à témoin de

servir loyalement et fidèlement la République Démocratique du Congo et son peuple. A cette occasion, vous avez pris possession de tous les attributs de l’imperium. Dès lors, vous êtes devenu Président de la République, Chef de l’Etat, Commandant Suprême des Forces Armées et de la Police Nationale, Magistrat suprême et garant de la Nation. Quelles lourdes responsabilités ! Votre accession au pouvoir est intervenue dans des circonstances très difficiles et compliquées. Cette alternance, point n’est besoin de vous le rappeler, Excellence Monsieur le Président de la République, nous l’avons obtenue au prix d’énormes sacrifices, y compris humains, dont beaucoup de nos compatriotes ont payé le prix en versant leur sang à l’instar de Rosy MUKENDI, la Sœur KAPANGALA, Luc NKULULA, Floribert CHEBEYA,…, nous l’avons obtenu au prix des gaz lacrymogènes et balles réelles nous tirées sans sommation et allant jusqu’à nous poursuivre dans nos églises et sacristies. Ce combat, nous l’avons mené ensemble : organisations de la société civile dans sa diversité, confessions religieuses, mouvements citoyens et vous les partis politiques de l’opposition de ce temps, y compris le vôtre. Nous vous avons vu inhaler le gaz lacrymogène, être pris à partie et violemment malmené par les agents des services de sécurité. Tous ces sacrifices consentis par nous tous, dont votre excellence ainsi que celles des autres leaders de l’opposition du moment, notamment votre actuel Directeur de Cabinet, l’honorable Vital KAMERHE, le soldat du peuple le très respecté Martin FAYULU, l’honorable Eve BAZAIBA et bien d’autres figures de proue de l’opposition comme celles de la société civile, ne devraient pas être oubliés. Fruit d’énormes sacrifices, vous n’avez donc aucune dette morale envers une quelconque personnalité ou une famille politique donnée.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Des rumeurs de plus en plus persistantes font état d’accords secrets que vous auriez signés au nom de votre coalition politique, le CACH, et l’ancienne majorité présidentielle. Certaines langues vont même jusqu’à affirmer que vous serez otage de ces accords et cela ne vous permettrait pas de diriger le pays comme vous l’auriez souhaité. Nous refusons de croire à pareilles machinations et continuons à croire dur comme fer que vous êtes et serez en mesure d’imprimer votre marque de gouvernance et laisser d’empreintes indélébiles votre règne.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Et dans l’hypothèse même que ces soient disant accords existaient, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, pense que vous n’êtes pas lié au respect desdits accords allant à l’encontre des aspirations légitimes du peuple congolais. Les seuls accords qui peuvent vous lier ce sont ceux faits pour et dans l’intérêt de l’ensemble du peuple congolais. Tout autre accord taillé sur mesure pour protéger des intérêts égoïstes d’un clan politique ne devrait pas vous lier. Et la base vous dit alors : « si accord il y a, il est grand temps de vous en affranchir. Le seul pacte qui vous lie c’est la constitution de notre pays ». Rassurez-vous, Excellence Monsieur le Président de la République de tout notre soutien indéfectible dans cette démarche qui n’aurait autre mobile que de sauver notre pays du joug  de la prédation.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Pour terminer cette adresse, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, esclave de la justice et de la vérité, se permet  de vous partager tout haut ce qui est dit tout bas par la grande majorité de la population congolaise :

  1. Le peuple refuse la continuité:

Pour relever tous les défis et problèmes susmentionnés, vous avez besoin de nouvelles figures et énergies. Des nouvelles personnes jouissant d’une probité morale irréprochable ; ces personnes existent, notamment au sein de cette jeunesse de plus en plus dynamique.  Le Congo c’est plus de 70 millions de Congolais et parmi eux il y a des hommes et des femmes aptes à servir autrement la  Nation.

La direction des affaires de l’Etat ne devrait plus être toujours entre les mains des mêmes personnes : ministre sous MOBUTU, ministre sous Mzee Laurent-Désiré KABILA, ministre sous Joseph KABILA, ministre encore sous Félix TSHISEKEDI. Parmi les causes qui bloquent l’avancement de notre chère Nation, il y a aussi cette gestion de la République en un club d’amis, en une clique des complices se protégeant les uns les autres.

Si pendant des décennies comme hauts responsables ils n’ont pas été en mesure de faire développer le pays, pensez-vous qu’ils pourront le faire en cinq ans de votre mandat ? Certes, le Congo a besoin de toutes ses filles et tous ses fils, mais au vu des résultats décevants, la logique voudrait qu’on essaye de nouvelles personnes aux mains propres. Personne n’est né ministre ni PDG ou ADG, Excellence Monsieur le Président. Le pays ne doit plus être pris en otage par un club d’amis qui se côtoient des années durant et qui ont déjà créé des circuits mafieux pour écrémer l’Etat congolais, le vider de toute sa substance jusqu’à ne rien lui laisser.  « A un nouveau régime, un nouveau système ! A un nouveau régime, un nouveau style de gouvernance ! A un nouveau régime, des nouveaux animateurs ! », faute de quoi, c’est la continuité et la « base » dont vous êtes précurseur vous et votre estimé Directeur de Cabinet, ne vous le pardonnera au bout de cinq ans.

Le Changement tant attendu passe aussi par le changement des acteurs, des animateurs des institutions de la République, de l’administration et des entreprises publiques. Le Congo a besoin d’une administration publique forte et modernisée. Une administration publique dépolitisée. La politisation à outrance des entreprises et autres services publics de l’Etat bloque le développement de la Nation. Cette politisation couplée au tribalisme qui est partie jusque dans les institutions d’enseignement supérieur et universitaire. Nous vous prions d’y voir un peu plus clair et vous conseillons de recourir à la politique de non-originaires afin de libérer notre administration publique et le secteur de l’ESURS.

  1. Oui à la réconciliation nationale, mais non à l’impunité :

Il nous semble indiqué, Excellence Monsieur le Président de la République, de vous rappeler qu’à chaque changement de régime correspond une certaine justice. Seule la justice relève une Nation. Ceux et celles impliqués dans des graves crimes, tous secteurs confondus, devraient être sanctionnés. Ne pas le faire c’est cautionner l’impunité et encourager la persistance des mêmes mauvaises pratiques qui ont plongé le pays dans le désastre. Une bonne réconciliation passe aussi et obligatoirement par la justice. Un détourneur des deniers publics hier, le fera aujourd’hui et encore demain s’il n’est pas sanctionné. Nous sommes convaincus que vous avez à votre portée les différents rapports d’organisations de la société civile et d’autres organismes internationaux épinglant des cas de corruption et de détournements des fonds du trésor public. Des rapports du Professeur LUZOLO BAMBI existent aussi. Le peuple vous en sera très reconnaissant si vous ne vous entourez pas des personnes aux mains sales ayant déjà cristallisé les antivaleurs comme la corruption et le détournement jusque dans leurs moelles épinières. Et pour vous permettre d’avoir des hommes et des femmes aptes à servir la Nation, nous vous conseillons d’exiger toujours pour toute nomination, une liste de trois à cinq personnes parmi lesquelles vous choisirez avec votre pouvoir discrétionnaire celui ou celle réunissant les critères voulus. Vous en avez l’expérience, car ayant été victime de cette exigence de plusieurs noms par votre prédécesseur lorsqu’il s’agissait de nommer un premier ministre à l’issu du dialogue de la CENCO. Merci aussi de faire la même chose.

  1. Demeurer esclave de la constitution et des lois de la République:

Comme garant et protecteur de la constitution, le peuple vous sera aussi reconnaissant si vous parvenez à n’avoir que la constitution comme seul guide et pacte social vous liant à lui. Nous vous prions donc, Excellence Monsieur le Président de la République, ayant déjà l’impérium du pouvoir, de vous affranchir de tous les accords politiques conclus et qui ne sont pas de nature à servir la Nation et le peuple. Ayant l’expérience de  «retrait de signature au nom de la base», celle-ci vous resterait reconnaissante à jamais si vous parvenez encore une fois à vous affranchir de tout accord qui existerait et ne serait pas de nature à favoriser une bonne gouvernance au sommet de l’Etat. L’expérience de votre homologue angolais, Joao Lourenço que vous veniez de rencontrer pourrait vous être utile.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Permettez-nous de terminer notre lettre par cet adage swahili, une de nos quatre langues nationales, qui dit que «Mutoto wa akili anasikiliyaka mu fujo».

Convaincu que la présente rencontrera votre patriotique attention et en attente d’être reçu par votre autorité afin de vous transmettre la pétition en circulation, de vous partager sur la campagne : « Zéro Corruption en RDC » ainsi qu’un cahier de charge plus élaboré, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, et à travers elle, toutes ces Congolaises et Congolais qu’elle sert, vous remercie de l’intérêt que vous y accorderez.

Sentiments patriotiques.

Ainsi fait à Bukavu, ce 09 octobre 2019,

Pour la NDSCI,

Jean Chrysostome KIJANA,

Président National