Clôturant son séjour de travail dans la Province du Nord-Kivu, le Président National de la NDSCI, M. Jean Chrysostome KIJANA, était en face de la presse ce lundi 28 octobre 2019 dans le magnifique jardin de la maison d’accueil BAKANJA dans la ville de Goma. Devant une dizaine des chevaliers de la plume et du micro de l’audio-visuel et en ligne, le Président National de la NDSCI est revenu sur plusieurs points saillants et d’actualité de la vie socio-politique et sécuritaire de la Province du Nord-Kivu et de l’ensemble de la République.

Dans un style poignant et direct qu’on lui reconnait, ce vaillant et imperturbable défenseur des droits des opprimés n’a oublié ni échappé à aucune préoccupation du moment. De l’épidémie de la maladie à virus Ebola en passant par la problématique de la gratuité de l’enseignement de base jusqu’aux problèmes sécuritaires de Beni, Minembwe et les bruits sur une probable entrée des troupes étrangères sur le sol congolais tout a été passé aux peignes-fins.

En attendant la vidéo de cette conférence sur notre page YouTube et des articles de presse des médias présents à ce grand rendez-vous, voici ici-bas, les notes de la conférence de presse animée par ce serviteur du peuple.

NOTES DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE TENUE A GOMA DANS LE NORD-KIVU A L’HOTEL BAKANJA PAR M. Jean Chrysostome KIJANA, PRÉSIDENT NATIONAL DE LA NOUVELLE DYNAMIQUE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE EN RDC, NDSCI – CHUNVI YA CONGO

Goma, le 28 octobre 2019

Mesdames et Messieurs de la Presse,

J’ai l’insigne honneur de m’entretenir avec vous en cette journée où je suis en train de clôturer ma mission officielle ici à Goma, capitale de la Province du Nord-Kivu.

Je tiens à vous remercier énormément de votre disponibilité et accompagnement toujours nous témoignés à travers des interviews et autres occasions où vous n’hésitez jamais de nous solliciter afin que nous fournissions des informations, analyses et autres commentaires sur la vie de notre Nation. Soyez rassurés que je ne ménagerais aucun effort en étant toujours disponible et prêt à me livrer à toutes vos sollicitations.

Je voudrais au cours de cet échange que, je veux convivial, vous entretenir essentiellement sur :

DE LA SANTE DE LA NOUVELLE DYNAMIQUE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ICI DANS LA PROVINCE DU NORD-KIVU :

La NDSCI poursuit son bonhomme de chemin et son installation ici dans la Province du Nord-Kivu. Je dois reconnaître que cela n’est pas sans difficultés. Mais, qu’à cela ne tienne, notre comité provincial avec à sa tête, Me Héritier GASHEGU secondé par le Pasteur Daniel SAIDIYA, reste déterminé à faire asseoir et donner une grande notoriété dans la sphère publique en Province du Nord-Kivu. Au nom du Directoire National que je représente ici, nous rassurons à ces jeunes, hommes et femmes, dont l’engagement citoyen mérite d’être salué, de notre ferme accompagnement afin que la NDSCI soit présente sur toute l’étendue du Nord-Kivu avec des noyaux territoriaux et des sous noyaux un peu partout, question de rependre ce sel du Congo à travers une éducation civique des masses amenant à la citoyenneté responsable et au patriotisme. Il a été décidé que, d’ici la fin de cette année, la NDSCI soit présente dans tous les territoires du Nord-Kivu.

DE LA SITUATION SOCIO-SANITAIRE DANS LA PROVINCE DU NORD-KIVU :

  • De l’Épidémie à virus EBOLA :

Il est de notre devoir citoyen de saluer l’énorme travail qu’abat le comité de crise dans la lutte contre la redoutable maladie à virus Ebola qui a eu à endeuiller de nombreuses familles ici dans la Province du Nord-Kivu, essentiellement, mais aussi dans les provinces de l’Ituri et du Sud-Kivu. C’est grâce à ce travail de titan que cette terrible maladie est du jour au lendemain maîtrisée. Nous devons aussi saluer le comportement responsable et citoyen des habitants de Goma qui ont répondu positivement aux appels des services sanitaires en respectant scrupuleusement les mesures hygiéniques. Nous l’exhortons à poursuivre sur cette même lancée étant donné qu’Ebola n’a pas encore été déclarée officiellement vaincu.

C’est ici l’occasion de reconnaître et saluer le travail d’un digne fils de notre pays, le très respecté Dr Jean Jacques MUYEMBE qui, grâce à son savoir et sa riche expérience, cette dévastatrice épidémie est en train de connaître du recul. Ce travail d’un digne fils du Congo mérite d’être reconnu et salué. Le Dr MUYEMBE c’est une fierté pour toute notre Nation. C’est à ce titre, que la NDSCI, sur demande pressante de plus d’un congolais, a décidé de décorer ce patrimoine commun en l’élevant au prestigieux rang de « Patriote en Or – fierté nationale ». Cette reconnaissance qui ne comporte pas de gain financier, constitue pour nous un message fort à l’endroit de ceux et celles qui pensent qu’en RDC tout est pourri et que le congolais n’est capable de rien. Le Patriote en Or, Dr Jean Jacques MUYEMBE, à l’instar de son confrère, le Prix Nobel de la Paix, le Dr Dénis MUKWEGE redonnent aujourd’hui au congolais sa dignité longtemps lui offusquée suite à des mauvais comportements.

  • DE LA GRATUITE DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE :

La NDSCI réitère son total soutien au Président de la République, SE Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO dans son combat de rendre effective la gratuité de l’enseignement de base. Dans un pays où les parents ont eu à porter des décennies durant le lourd fardeau de la prime, la décision du Président de la République mérite d’être saluée et accompagnée par tout vrai et bon congolais.

Tout en reconnaissant le droit aux enseignants de revendiquer leurs droits, notamment celui d’avoir un salaire décent leur permettant de lier les deux bouts du mois, la NDSCI fustige ces différentes grèves observées dans les provinces du Nord-Kivu et celle voisine du Sud-Kivu. Ces mouvements de grève, bien que celle-ci soit légale, méritent d’être condamnés au vue de leur caractère précoce. Le plus dur était de patienter un peu et voir si les autorités nationales, notamment le Président de la République, seront en mesure d’honorer leurs engagements. Déclencher des mouvements de grève moins de deux mois après la rentrée scolaire dénote d’un certain égoïsme.

D’où la NDSCI, invite les enseignants de partout où ils sont encore en grève de bien reprendre le chemin de l’école et nouer un dialogue permanent avec les autorités tant nationales que provinciales et privilégier ainsi l’éducation de nos enfants.

Elle invite aussi ardemment le gouvernement congolais à prendre des mesures d’accompagnement de la gratuité afin de nous épargner des grèves à répétition des enseignants. Parmi ces mesures nous pouvons citer l’accroissement des infrastructures scolaires, nos enfants devant étudier dans des bonnes conditions et non entassés dans des petites salles comme des sardines. Il faudra aussi à tout prix régler l’épineuse question des enseignants NU et NP. Nous invitons aussi le gouvernement à avoir un œil très regardant dans le secteur privé de l’EPSP où des responsables et autres promoteurs d’écoles se comportent en des petits rois dans un non – Etat.

DU MANQUE DE L’EAU DANS LA VILLE DE GOMA :

Alors que confrontée à la grave épidémie à virus Ebola, maladie réputée des mains sales, la ville fait face au manque d’eau potable, comme d’ailleurs la quasi-totalité des villes de l’EST pour ne pas dire de la RDC.

Nous invitons les autorités tant nationales que provinciales via la REGIDESO de prendre des mesures qu’il faut pour mettre fin à cette déshonorante situation.

DE LA SITUATION SÉCURITAIRE :

La NDSCI note avec grande inquiétude la persistance et accroissement de l’activisme des groupes armés dans plusieurs coins des provinces de l’Est du pays.

La situation des hauts plateaux de Fizi (Minembwe), Uvira et Mwenga nécessitent que nous puissions nous arrêter un instant, nous regarder dans les yeux et nous poser cette question : « à qui profiteraient toutes ces désastreuses situations qui opposent certaines de nos communautés, lesquelles ont toujours eu à vivre par le passé en paix ? »

La NDSCI condamne avec fermeté des cas d’attaques ciblées dont sont victimes les communautés de la partie sud de la Province du Sud-Kivu (les banyindu, bafuliro, bavira, ba bembe et banyamulenge). Ces attaques orientées vers les communautés doivent cesser. Oui, ça doit prendre fin ! Et pour la NDSCI, il est du devoir régalien de l’Etat congolais de sécuriser en tout lieu et toutes circonstances tous ses citoyens.     

Face aux échecs de toutes les négociations passées, des forums, tables rondes organisées et qui ont toujours accouché d’une grosse souri, la NDSCI recommande à l’Etat congolais d’ « IMPOSER LA PAIX» par tous les moyens, y compris militaires dans toutes les régions où sévissent encore les groupes armés en général et dans les hauts et moyens plateaux de Fizi, où il y a péril en la demeure, en particulier. Ce feu qui se repend très dangereusement et qui prend du jour au lendemain des connotations et récupérations tribalo-ethniques risquerait de replonger notre pays dans une nouvelle violente et dévastatrice guerre si on l’on prend garde. Mieux vaut prévenir que guérir : ça urge et ça nécessite des réponses idoines avant qu’il ne soit tard. Nous devons éviter de donner tout prétexte aux ennemis et envieux du Congo pour qu’ils nous replongent dans une énième guerre.

Toujours sur cette même lancée, la NDSCI tout en félicitant le Chef de l’Etat, félicitations lui transmises directement lors de l’audience nous accordée au cours de son dernier séjour à Bukavu, pour son engagement à ramener la paix à l’Est et ce, en étant même prêt à y laisser sa peau. Nous l’invitons à plus de prudence dans les décisions et approches à prendre pour éradiquer les groupes armés. Les plaies étant encore fraîches à la suite de toutes les affres et atrocités infligées au peuple congolais lors de toutes ces récentes guerres, dont certains pays voisins ont une très grande part de responsabilité, il serait une grosse erreur et une illusion de croire que ceux qui ont eu à nous endeuiller (plus de sept millions de morts) seront aujourd’hui mieux indiqués pour nous ramener la paix.

Ainsi donc la NDSCI réaffirme sa ferme opposition à toute opération militaire à mener conjointement par notre armée et celles de certains pays voisins, notamment le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la Tanzanie. Oui à une collaboration entre ces pays, mais non à l’entrée des troupes étrangères sur notre sol.

Et même pour cette collaboration, la NDSCI invite le gouvernement congolais à demeurer prudent et à l’écoute des citoyens congolais qui, dans leur majorité sont opposés à toute nouvelle invasion des armées étrangères responsables de plusieurs crimes contre l’humanité sur notre sol. Si collaboration, il devrait y avoir, celle-ci doit être franche et sincère et non souffler au même moment au chaud et au froid. Il est absurde de se déclarer prêt à collaborer et au même moment continuer à entretenir et créer des groupes armés pour profiter de cette instabilité et absence de l’autorité de l’Etat pour poursuivre avec les pillages systématiques de nos ressources naturelles.

Pour la NDSCI, les FARDC regorgent des bons éléments militaires capables de mener à bien n’importe quelle opération militaire et éradiquer ainsi ces groupes armés. Elles nous l’ont prouvé à plusieurs reprises, notamment avec le Colonel MAMADOU NDALA, les généraux MBUZA MABE et BAUMA, tous d’heureuse mémoire.

Nos militaires mis dans des meilleures conditions comme celles de la MONUSCO, sont capables d’écraser en un temps record tous ces groupes armés qui continuent à nous endeuiller.

Tout en le félicitant pour avoir lancé la permutation de la chaîne de commandement des FARDC à Beni, nous invitons le Président de la République, Commandant suprême des forces armées, de prendre des mesures qui s’imposent, en procédant notamment :

  • Au changement dans la chaîne de commandement des FARDC. Il est inadmissible d’avoir des commandants militaires qui passent plus de dix ans dans une même entité, devenant des véritables chefs coutumiers, dont la priorité des priorités c’est l’exploitation des minerais et la fourniture des armes aux mêmes groupes armés qu’ils sont sensés combattre (le rapport Mapping et tant d’autres sont très éloquents quant à ce).
  • A la permutation de toutes les unités et au redéploiement vers d’autres coins du pays de tous les militaires et commandants originaires de l’Est qui ont tendance à se considérer comme des milices au service de leurs communautés en lieu et place de servir toute la Nation.

De Beni à Kabambare (dans le Maniema) en passant par Minembwe (dans les hauts plateaux) l’Est, le grand Kivu refuse d’être une boucherie humaine, une partie meurtrie de la République.

DE LA SITUATION POLITIQUE :

La NDSCI remarque avec satisfaction la poursuite de la libéralisation de l’espace public où, depuis l’avènement du Président Félix, certains droits et libertés des citoyens sont garantis (mis à part quelques dérapages). Cette ouverture est de nature à favoriser l’apaisement du climat politique et de permettre à notre jeune et balbutiante démocratie de prendre de l’envol.

La NDSCI constante, malheureusement et avec amertume, que certaines pratiques décriées sous le régime sortant du Président Kabila sont très dangereusement de retour. C’est notamment le dédoublement des partis politiques. Le dédoublement en cours du parti politique Alliance des Forces Démocratique du Congo, AFDC-A, en est une illustration. La NDSCI, en appelle au sens de responsabilité du Président de la République, lui-même victime par le passé de cette mauvaise pratique, de refuser de cautionner pareilles pratiques anti-démocratiques.

La NDSCI déplore et condamne aussi tout recours à la violence pour se régler des comptes entre acteurs et organisations politiques. La violence devrait être bannie de notre système et vie politiques. Nous en appelons aux militants de divers courants politiques de cesser avec le recours à la violence pour valoir leurs revendications et contestations.

Les images de ces derniers mois où les acteurs politiques, même ceux qui sont en coalition (FCC-CACH) ont du mal à conjuguer et parler même langage, prouve que le pays n’est pas encore totalement sorti du trou. Bien qu’étant dans une même coalition, la confiance n’est pas au rendez-vous entre les acteurs politiques de ces deux camps ainsi que leurs militants.

Les victimes des abus du précèdent pouvoir digèrent aussi mal que ceux et celles qui ont commis des bévues et qui ont mis le pays à genoux bénéficient des immunités et jouissent en toute tranquillité de l’impunité.

Bref, tous les acteurs tant politiques que sociaux, vivent dans une hypocrisie qui ne dit pas son nom. D’où l’initiative du Collectif Tournons la Page, avec à sa tête certaines organisations de la société civile, dont ASADHO et NDSCI de lancer dès le  mois prochain un vaste programme – campagne nationale de réconciliations et pardon sincères entre les filles et fils de la RDC. Le Congo prospère n’est possible qu’au prix de la justice, de la réconciliation et du pardon, le tout dans une sincérité hors du commun.

La NDSCI et les autres organisations du collectif Tournons la Page tiennent à rappeler la nécessité absolue de la poursuite du processus électoral qui passe essentiellement par le changement de toute l’équipe de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI, du sommet jusqu’à la base, mais aussi par l’organisation des élections locales : la vraie démocratie et le vrai développement partent de la base au sommet.

Ce déboulonnage doit aussi se poursuivre jusqu’à dans le secteur de la justice. La justice reste le seul levier capable de relever notre Nation : « seule la justice élève une Nation ».

Merci !!!