En séjour dans la capitale congolaise, le Président National de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, NDSCI, M. Jean Chrysostome KIJANA, poursuit avec des plaidoyers et autres contacts pour l’amélioration des conditions sociales de la population. 

Poursuivant sa lutte en faveur des victimes d’escroquerie de différentes coopératives d’épargne et de crédit, dont les Coopec IMARA, NYAWERA, Tulinde Hazina,…la NDSCI qui fait toujours de la défense des intérêts des opprimés son cheval de bataille,  par sa lettre officielle ci-dessous, elle sollicite du nouveau ministre des finances son implication personnelle pour enfin trouver une issue à cette épineuse question qui appauvri plus d’un compatriote.

Voici l’intégralité de la lettre :

 

N° Réf. : 71/NDSCI/DN/NO V/2019                              Kinshasa, le 18/11/2019

Transmis copie pour information à :

  • SE Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat (avec l’expression de nos hommages déférents) ;
  • SE Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement (avec l’expression de notre profonde considération) ;
  • Honorables Députés et Sénateurs du Caucus du Sud-Kivu;
  • Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo ;

(Tous à KINSHASA)

  • Honorable Président de l’Assemblée Provinciale du Sud-Kivu ;
  • SE Monsieur le Gouverneur de Province du Sud-Kivu ;
  • Aux Comités des victimes d’escroquerie de différentes coopératives d’épargne et de crédit au Sud-Kivu ;
  • Médias

TOUS A BUKAVU

 

Objet : Dossier IMF et Coopec au Sud-Kivu            A Son Excellence Monsieur le Ministre des                 Rappel et votre implication                                         Finances         

                                                                                                                         A

                  KINSHASA

Excellence Monsieur le Ministre,

Nous avons l’insigne honneur d’approcher votre distinguée autorité en vue de vous partager nos profondes inquiétudes en rapport avec l’objet repris en exergue et solliciter votre implication personnelle dans le dénouement de cette situation qui n’a que trop duré.

En effet, il est devenu une pratique presque normale consistant en l’ouverture d’institutions de micro finances et autres coopératives d’épargne et de crédit qui, malheureusement ne tardent pas à sombrer. Ceci entraine des pertes énormes dans le chef des citoyens qui, de bonne foi, ont eu à placer leur confiance dans ces institutions en y logeant leurs épargnes, fruits de dure labeur et d’énormes sacrifices. Cette nouvelle forme d’escroquerie, au lieu d’être endiguée ne fait que s’accroitre. Il s’agit entre autres de la Coopérative d’Epargne et de Crédit IMARA qui, depuis 2013 est tombée en faillite laissant plus de 12 000 membres dans une misère extrême. Cette situation de la Coopec IMARA a eu jusqu’à ce jour, à occasionner plus de 10 cas de décès de certains de ses membres ayant développé des maladies cardiaques à la suite de ces escroqueries en bande organisée.  Rien que pour la seule Coopec IMARA, siège de Bukavu en Province du Sud-Kivu, les épargnes avoisineraient plus de 50 millions de dollars. Plusieurs autres coopératives ont aussi emboité les pas à la Coopec IMARA. Il s’agit de la Coopec NYAWERA, de la Coopec TULINDE HAZINA, de toutes les MECRE (Bukavu, Ibanda, Kadutu,…). Des milliers de ménages sont contraints de vivre dans l’oisiveté et précarité criante. Leur seul péché est celui d’avoir répondu à l’appel des autorités congolaises invitant les citoyens à avoir la culture de l’épargne.

Saisie par les victimes de cette injustice, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, l’une des grandes faîtières de la société civile congolaise et qui fait de la lutte contre les antivaleurs et les injustices sociales son cheval de bataille, s’est résolue, dès lors, de les accompagner dans la revendication et réclamation de ce qui leur revient de droit. Ainsi, plusieurs marches pacifiques ont été organisées à Bukavu. Des lettres ouvertes et autres mémos écrits et adressés aux plus hautes autorités du pays. Des séances de travail entre notre organisation, les représentants des victimes, les responsables locaux de la Banque Centrale du Congo et des hauts responsables de notre pays, à savoir votre prédécesseur, SE Yav MULANG ainsi que le Gouverneur de la  Banque Centrale du Congo, SE Deogratias MUTOMBO ont eu lieu à Bukavu en mai 2015 sur instruction personnelle de SE Joseph Kabila, alors  chef de l’Etat, par l’intermédiaire de son Directeur de cabinet, le Professeur Néhémie MWIHILANYA. De ces séances, le gouvernement congolais avait pris la ferme résolution de tout mettre en œuvre afin que solutions idoines soient trouvées à cet épineux problème. En des bons citoyens, nous avons cru aux engagements de nos dirigeants et avions suspendu toutes les actions citoyennes de revendication. Fort malheureusement aucune solution n’a été trouvée jusqu’à ce jour. Des centaines de milliers de nos compatriotes vivent la galère et se retrouvent totalement abandonnés par leur propre Etat.

Excellence Monsieur le Ministre, faut-il vous rappeler qu’il, est du devoir de l’Etat Congolais de protéger tous ses citoyens en tout lieu et en toutes circonstances ? Pourquoi l’Etat congolais qui, à travers la BCC qui est la  garante de l’épargne publique et qui donne des autorisations de fonctionnement à ces IMF et Coopec n’est-il pas en mesure de remettre ces bons citoyens dans leurs droits ? Est-ce par manque de moyen ? Est-ce par manque de volonté politique ? Est-ce par une complicité coupable ? Il n’y a qu’en RD Congo où les citoyens peuvent se faire escroquer sous l’œil et la barbe des dirigeants sans que ces derniers ne fassent absolument rien pour les protéger. Bien, au contraire, les différents responsables de ces aventures ignominieuses sont libres et se la coulent douce dans des hôtels et palaces du monde.

Excellence Monsieur le Ministre,

Etant au début d’une nouvelle législature et d’un nouveau quinquinas présidentiel qui place l’homme, le citoyen congolais au centre de toutes vos préoccupations conformément à la vision politique du Président de la République, Chef de l’Etat, SE Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO se résumant dans le célèbre slogan « le peuple d’abord » ; nous avons pensé, profitant de notre séjour de travail dans la capitale congolaise en réponse à une invitation des hautes autorités du pays, vous saisir officiellement afin de solliciter de votre excellence que cette question soit inscrite en lettre d’or parmi les priorités de vos priorités à la tête de ce grand ministère.

Nous tenons aussi à porter à votre connaissance  que lors de sa campagne électorale, au cours d’un meeting populaire tenu à Bukavu, l’actuel Président de la République en compagnie de son actuel Directeur de Cabinet, l’honorable Vital KAMERHE avait promis solennellement de résoudre cette question d’escroquerie des Coopec en remettant les victimes dans leurs droits. Nous espérons qu’à la suite de votre implication personnelle, le rappelant régulièrement au Président de la  République et au Chef du Gouvernement, SE Sylvestre ILUNGA ILUNKABA cette désastreuse situation pourrait trouver une issue favorable et ça sera l’état de droit.

Dans un élan de citoyenneté responsable qui nous a toujours caractérisé avec les différents  comités des victimes de toutes ces COOPEC, et au regard du principe de la continuité de l’Etat, nous demeurons disponibles à répondre à votre invitation afin d’en débattre de vive voix et vous éclairer suffisamment à ce sujet. Et ceci, avant que, conformément aux lois de la République, nous procédions par des actions citoyennes de très grande envergure afin d’être remis dans nos droits et dignité légitimes.

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments patriotiques.

Pour la NDSCI,

Jean Chrysostome KIJANA K.

Président National