Fidèle à sa philosophie de faire autrement la société civile en faisait d’elle un cadre de contribution et de participation qui considère les autorités comme partenaires de prédilection et non comme des adversaires, une forte délégation de la délégation conduite par son Président National, M. Jean Chrysostome KIJANA a été reçue le mercredi 22 janvier par le Général Jean Bernard BAZENGE. Cette première séance de prise de connaissance et de présentation des civilités a eu lieu au cabinet de travail de ce grand officier général de la PNC. Le tout dans un climat convivial et chaleureux. La délégation de la NDSCI a été agréablement surpris par l’esprit d’ouverture, d’échange et d’écoute qui caractérise ce nouveau responsable.

Les deux parties se sont engagés à travaillé dans une franche  collaboration, parce que pour la sécurisation des personnes et leurs biens, la population est appelée à collaborer étroitement avec sa police.

Nous vous prions de trouver ici l’intégralité du cahier des charges remis entre les mains du Général Jean Bernard B.

BRÈVE INTRODUCTION ET PRÉSENTATION DE LA NDSCI

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, est heureuse de cette opportunité lui offerte afin de s’adresser, en toute citoyenneté responsable au tout nouveau Commissaire Provincial de la Police Nationale Congolaise, PNC, en Province du Sud-Kivu, le Général Jean Bernard BAZENGE.

La NDSCI, dont le cheval de bataille reste la citoyenneté responsable est heureuse de la venue de ce nouveau et vaillant officier général dans la Province du Sud-Kivu et saisit cette opportunité, en ce début d’année de lui présenter, et à travers lui-même, tout le corps de la PNC, ses vœux les meilleurs et de prospérité pour cette nouvelle année 2020 et lui souhaite la bienvenue et un fructueux mandat à la tête de la Police nationale au Sud-Kivu.

Pour information, la NDSCI est une des faitières de la société civile congolaise qui a pour principale mission l’accompagnement du peuple congolais dans le processus de changement des mentalités en vue d’une citoyenneté responsable. La NDSCI fait de la société civile un outil de contribution et de participation citoyenne. Elle milite ardemment pour l’instauration d’un état de droit en RDC où tous les congolais jouiront de manière équitable et nationalisée des richesses et potentialités incommensurables de leur pays.

La NDSCI demeure actuellement une véritable Eglise au milieu du village qui défend avec abnégation et patriotisme les droits des marginalisés. Elle est ce syndicat populaire qui fait de la défense des droits des oubliés, son cheval de bataille.

La NDSCI dans sa nouvelle philosophie fait de la société civile une société civile d’étroite collaboration avec les autorités publiques, dont celles de services de sécurité, comme la PNC.

Poursuivant son engagement à accompagner les nouvelles institutions dans notre pays, lequel engagement a été officiellement exprimé au Président de la République, Chef de l’Etat et Commandant Suprême des Forces Armées et de la Police de la RDC, SE Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO notamment au cours des audiences accordées à son Président National, M. Jean Chrysostome KIJANA à Bukavu le 10 octobre et à Kinshasa le 05 novembre 2019.

Ce même engagement a aussi été pris par cette structure citoyenne auprès des nouvelles autorités provinciales lors de l’audience lui accordée le 29 aout dernier par le Gouverneur de Province du Sud-Kivu, SE Théo KASI NGWABIJE.

La NDSCI voudrait donc poursuivre sur ce même élan de citoyenneté responsable en accompagnant le nouveau Commissaire provincial de la PNC dans ses nouvelles responsabilités afin que la population du Sud-Kivu et ses biens soit efficacement sécurisée. C’est dans cette vision citoyenne que s’inscrit cette première rencontre avec le nouveau numéro un de la PNC au Sud-Kivu.

Précisons enfin que la NDSCI a ses sièges nationaux au N°157, AV. Patrice Emery LUMUMBA, Commune d’Ibanda, ville de Bukavu et au N° 12, AV. KALUME, Commune de NGALIEMA dans la ville Province de Kinshasa, avec des sièges provinciaux sur l’ensemble de onze anciennes provinces de la RDC.

  1. DES QUELQUES PROBLEMES SAILLANTS ET RECOMMANDATIONS :

La NDSCI voudrait attirer votre distinguée attention et vous partager les principales attentes de la population du Sud-Kivu tel que collectés sur l’ensemble de la Province à travers nos différents noyaux territoriaux et sous noyaux (nous reviendrons certainement vers vous avec et pour plus d’autres détails et précisions).

  • Transformation des espaces des différents commissariats en garages et parkings  pour les privés. Parfois les épaves abandonnées sur ces espaces sont transformées en chambres et/ou en lieux pour la prise de drogues par certains éléments de la PNC et certains criminels et aussi des lieux de débauches sexuelles. Ce qui fait que nombreux policiers se transforment en sentinelles de véhicules des privés dans l’espoir d’avoir quelques sous. La Police, sous votre commandement devrait s’éviter des poursuites en cas d’abus ou dommage causés aux véhicules de particuliers.

Recommandation : interdire formellement aux différents commissariats de garder les véhicules de particuliers et de servir de cadre pour les débauches et autres consommations de stupéfiant fortement alcoolisés. Et improviser des visites d’inspection nocturne afin de vous en rendre compte : la police ne doit plus être au service du mal ni contre sa propre population. Nous espérons y parvenir sous votre commandement.

  • Nombre élevé des éléments de la police de circulation routière sur les différents poste dans la ville de Bukavu et partout à l’intérieur de la province du Sud-Kivu et qui malheureusement ciblent certains véhicules pour tracasser les usagers de la route. Il est incompréhensible que de toutes les unités de la PNC, cette unité soit la plus garnie. Comment concevoir qu’à un seul point qu’on y retrouve plus de dix éléments de la PCR ? Et pire encore, nombreux de ces éléments ne maitrisent presque rien du code de la route. Ils ne sont là que pour tracasser et salir l’image de marque de notre chère police nationale.

Recommandations :

  • Refondre totalement cette unité de la PNC en y intégrant des nouveaux éléments qui, auront préalablement été formés à assurer la régulation routière. Pour un secteur aussi important de la vie sociale et qui met en péril des vies des citoyens, il est souhaitable d’avoir des éléments bien formés et outillés capables d’assurer correctement la régulation routière. Et au cas où, il faudrait la maintenir comme telle, étant donné que tous les éléments et responsables de cette unité ne sont pas mauvais, envisager dans la mesure du possible leur renforcement des capacités pour les rendre plus professionnels.
  • En attendant, il serait souhaitable de réduire leur nombre aux différents carrefours de la ville et n’y garder que certains éléments bien formés et instruits.
  • Leur interdire formellement de percevoir de l’argent des usagers de la route. Et qu’en cas de contravention avérée et constatée sur PV remettre aux contrevenants d’aller payer auprès de l’institution bancaire habilitée.
  • Equiper les éléments de la PCR en des matériels adéquats pouvant leur permettre de faire correctement leur travail
  • La présence de structures et certaines organisations semant la confusion sur les tâches et missions dévolues aux services de sécurité et qui s’y substituent en tracassant ainsi la paisible population.

Recommandations :

  • Identifier tous ces services/organisation des jeunes ;
  • Fermer toutes celles ne réunissant pas les conditions légales et arrêter les auteurs de violations de l’homme et d’utilisation abusive de qualité de service de sécurité.
  • Bien répertorier aussi les agents de différentes maisons dites de gardiennage et inventorier les différents matériels qu’ils utilisent. Il se pourrait que certains en a abusent en devenant bourreaux de la paisible population.
  • Dans certains coins de la province, les OPJ se livrent aux arrestations arbitraires sans précèdent. Ces arrestations se déroulent parfois sans documents au préalable ou parfois avec une simple convocation falsifiée et/ou sous un nom d’une autre personne. Cette situation est bien accentuée dans certains quartiers de Bukavu et encore plus grave à l’intérieur de la Province.
  • Consommation excessive des drogues et autres produits dangereux toxiques par certains éléments de la PNC lors de patrouilles et ceux stationnés sur les différents postes ou commissariats et ce, à l’air libre et au vu de tout le monde (comme au carrefour de Kadutu, maison communale de Kadutu, de Bagira, d’Ibanda, place de l’indépendance, place Nyawera,…
  •  Port abusif des armes à feu par les policiers : Il est très étonnant de retrouver un peu partout des éléments de la PNC, même en non service, circuler avec des armes à feu. Et la plus part de fois, une fois ivres, ils ne tardent pas à recourir à ces armes pour tuer. De cas sont légions ici au Sud-Kivu.

Recommandation :

  • Recenser, identifier tous les éléments de la police vivant en dehors des camps de la police ;
  • Recenser et inventorier toutes les armes et autres matériels de service détenus par des éléments de la PNC, car il ne suffit d’être appelé policier pour avoir droit à port d’arme.
  • L’ivresse de certains policiers en plain service ;
  • La brutalité et la tracasserie policières (unité de la police d’assainissement, communément appelée « pêcheur de poisson ou boucher » dont sont victimes les vendeurs (surtout ceux-là qui étalent leurs produits le long des routes) sur les différents tronçons de la ville de Bukavu. Lors des opérations, les éléments de cette police excellent dans la saisie de poissons, viande et d’autres biens de valeur.

Recommandation :

Revoir aussi la composition de cette unité dite de l’assainissement et n’y retenir que des éléments ayant des notions élémentaires de la protection et conservation de l’environnement.

  • Manque des engins roulants pour faciliter la mobilité des éléments de la PNC en service. C’est le cas de la commune de Bagira où les éléments de la PNC n’ont aucun engin roulant pouvant les faciliter pour le transport en cas d’urgence. Ce qui les expose à de nombreux risques ;
  •  Plusieurs rapports rapportent les cas des filles mineurs de la rue qui seraient violentées et violées par certains éléments de la PNC ;
  • Maltraitance des détenus par certains éléments de la police nationale congolaise ;
  • Permutations et mutations des certains policiers qui se substituent déjà à des chefs coutumiers à certains postes, notamment et surtout à l’intérieur de la Province ;
  • Transformation des certains éléments de la PNC en taxateurs au-delà de 18 heures (pour les marchés pirates de la ville de Bukavu. C’est-à-dire, les marchés qui fonctionnent sur les surfaces non érigées pour service de marché) notamment à la place du 24, Nyawera et essence.

Recommandation :

Fermeture pure et simple du poste de la PNC située à Nyawera un peu en face de la Mosquée. Cette position est devenue un lieu par excellence pour les tracasseries et d’insécurité généralisée.

 

Mis en place d’un programme provincial de réinsertion des éléments de la PNC qui ont été démobilisés et continuent à vivre parmi la population sans aucun moyen ;

Pour terminer, la NDSCI plaide et invite le nouveau commissaire à œuvrer et maintenir un dialogue franc et sincère avec les forces vives et sociales de la Province afin de bien réussir son mandat à la tête de la PNC. Ce n’est que dans un élan de collaboration et dialogue sincère qu’un autre Congo est possible.

Pour la NDSCI

Jean-Chrysostome KIJANA

Président National