COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA NDSCI N°04/CP-NDSCI/DN/ 03/2020 RELATIF AU COVID-19

 « Le Covid-19 n’est pas qu’urbain…songeons aussi aux milieux ruraux »

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, continue à suivre avec attention soutenue l’évolution de la propagation de la pandémie du Covid-19 qui continue son marathon partout à travers le monde en général et en République Démocratique du Congo en particulier.

En République Démocratique du Congo, la propagation continue aussi sa navrante expansion  touchant désormais et pour la première fois les provinces du pays, outre Kinshasa. C’est le cas de ce diagnostic positif confirmé par l’INRB et qui proviendrait de la Province de l’Ituri. Ce premier cas testé positif en dehors de Kinshasa impose que nous puissions nous arrêter un moment et poser ces quelques constats en termes d’interpellation à l’endroit tant des dirigeants que de celui de l’ensemble de la population congolaise.

  1. Faible sensibilisation et information de l’opinion publique sur ce qu’est coronavirus et sur les différentes mesures à observer pour lutter contre sa propagation.

A part les quelques affiches, banderoles placées çà et là et des messages radio diffusés, il s’observe une véritable et très dangereuse défaillance de sensibilisation de l’opinion.

Dans un pays où l’intoxication et la désinformation avec le système dit de « radio trottoir » règnent en maîtres, l’inertie des dirigeants tant nationaux que provinciaux à impulser une véritable mobilisation, un grand rappel des troupes, met en péril des millions de vie.

Pour la NDSCI, une des armes puissantes contre Covid-19 demeure la sensibilisation et la bonne information pour lutter contre l’ignorance. Ne dit-on pas que « mon peuple périt par manque des connaissances ?». Il est révoltant  en ce moment où la pandémie sévit déjà dans notre pays et qu’elle se repend déjà vers les Provinces que le discours de nos dirigeants dans nos provinces restent le même : « Kinshasa n’a pas encore envoyé des moyens ».

La NDSCI plaide pour la décentralisation de la riposte afin de permettre aux provinces de bien affronter cette pandémie et de se libérer du joug de Kinshasa. Comment comprendre que même des provinces comme les 2 Kivu, le Haut Katanga, frontalières des pays fortement atteints soient dépourvues même des appareils adéquats pour examiner les différents cas suspects ? (L’épisode des cas de Lubumbashi en dit long).

D’où, elle réitère son appel à l’endroit des dirigeants et d’autres partenaires traditionnels à mettre tout en œuvre en disponibilisant des moyens nécessaires pour une très grande et vaste campagne de sensibilisation et d’éducation des populations tant urbaines que celles rurales. Il ne sert à rien de garder des moyens pour acheter des cercueils pour nous enterrer alors qu’il est possible d’éviter, du moins, de réduire sensiblement le pire.

La NDSCI ne le dira jamais assez : « Toutes les bonnes mesures du monde peuvent être prises, mais face à une population moins informée et ignorante, elles resteront toutes lettres mortes et les conséquences seraient plus que rocambolesques ».

  1. La mise à l’écart des milieux ruraux, pourtant plus dangereux que les centres urbains et périphériques :

Des informations et sondages menés dans plusieurs milieux ruraux de la République en général et au Sud-Kivu en particulier, attestent de l’inexistence des mesures de protection et de lutte contre une éventuelle incursion de covid-19 dans des zones rurales.

A ce jour, cette population, en grande majorité analphabète, ne connait absolument rien de cette nouvelle pandémie. Pour bon nombre d’entre elle, Covid-19 est une maladie de la bourgeoisie et que, eux les paysans, n’ont rien à craindre d’une telle pandémie. Et si par malheur, cette pandémie faisait son apparition dans leurs zones rurales et semi-rurales, elle serait vite anéantie grâce à leurs nombreuses plantes et autres herbes aux vertus thérapeutiques immenses, croient ils très fermement.

Face à une telle situation et pour éviter des cas déplorables comme celui survenu à Kinshasa où une mère de famille a tué ses trois enfants en leur ingurgitant des herbes et autres potions traditionnelles, la NDSCI, fidèle à sa mission de « coq du village » attire l’attention des décideurs publics face à cet autre drame qui pointe à l’horizon.

La NDSCI invite les autorités et les organisations de la société civile à étendre leurs différentes campagnes de sensibilisation jusqu’en milieux ruraux. Pour sa part, elle s’y attelle avec ses moyens de bord à poursuivre avec sa campagne citoyenne « Corona, qui es-tu ».

Et pour terminer la NDSCI qui, déplore le manque des dispositifs de protection au niveau des différentes postes frontaliers ( officiels et officieux) de l’intérieur de la Province du Sud-Kivu, notamment sur le littoral des Lacs Kivu et Tanganyika ainsi que de la Rivière Ruzizi, invite les autorités provinciales à s’y impliquer afin de faire appliquer l’ordonnance du Président de la République qui décrète l’état d’urgence et la fermeture des frontières. Ceci est une nécessite qui urge étant donné l’existence avérée du Covid-19 dans les différents pays frontaliers, à savoir le Rwanda, la Tanzanie et le Burundi.

« Gouverner c’est prévoir, dit-on ».

Fait et rendu à Bukavu, ce 27 mars 2020,

Pour la NDSCI,

Jean Chrysostome KIJANA,

Président National