Excellence Monsieur le Président de la République,

C’est toujours avec fierté nationale et une joie immense qui nous ont toujours animés lorsque, conformément aux droits nous garantis par notre Constitution, nous trouvons l’opportunité de nous adresser à votre excellence. Le présent mémorandum est la troisième correspondance que, des citoyens congolais, par le biais de notre faîtière de la société civile congolaise vous adresse afin de vous exprimer tout haut ce que une bonne partie de la population dit tout bas. Nous vous remercions d’ores et déjà de votre précieux temps que vous prendrez pour nous lire attentivement et nous réserver une suite.

Excellence Monsieur le Président de la République,

C’est dans un contexte très particulier lié à la pandémie à coronavirus et à des fortes turbulences socio-politiques et sécuritaires que nous vous saisissons ce jour.

Nous tenons avant toute chose à vous féliciter pour les efforts fournis pour lutter contre Covid-19 avec une baisse sensible du taux de létalité pour les cas de nos compatriotes atteints par cette redoutable maladie. Mais, beaucoup reste encore à faire pour venir complètement à bout de la pandémie et permettre à notre pays de renouer avec la vie normale. Nous espérons y parvenir avec le concours de tous les citoyens congolais.

Nous voudrions saisir aussi cette opportunité pour solliciter votre intervention personnelle afin que soit remis à la baisse le prix du test à covid-19 qui est aujourd’hui une condition sine qua none pour voyager. En cette période où la population subit de plein fouet les conséquences économiques de la maladie, exiger 30$ pour ce test nous paraît comme de l’escroquerie.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Ça fera bientôt deux ans depuis que vous accédiez à la Magistrature suprême de notre pays, devenant ainsi le cinquième Président de l’histoire de la RDC.

Le 24 janvier 2019 lors de votre entrée en fonction, le Congo tout entier avait vibré au rythme du changement tant attendu et le nombreux public amassés au palais de la Nation n’avaient qu’un seul crédo aux lèvres et ne cessez de vous le rappeler, nous citons : « Félix, obosana te, Papa alobaki le peuple d’abord ». La joie était immense de voir un vrai combattant et adepte de la démocratie accéder au pouvoir.

Des gros espoirs étaient donc permis et la confiance placée en vous était trop grande au vue de votre parcours d’un grand combattant pro-démocratie et aussi du parcours de votre parti politique, l’Union pour Démocratie et le Progrès Social, « UDPS », l’ainée de l’opposition politique, parti s’étant battu des décennies durant contre la dictature et pour l’instauration de la démocratie sous le leadership responsable et charismatique de votre feu Père, d’heureuse mémoire, le Patriarche Dr Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA.

Près de deux ans après, tous ces gros espoirs se dissipent à grand feu, cédant la place à la déception, au doute, au découragement et à l’incertitude. Plus qu’avant, tous les indicateurs sont au rouge. Le « peuple d’abord » se vide petit à petit de tous son sens et contenu. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, le dégout se repend. Le « peuple d’abord » se retrouve totalement abandonné à son triste sort. Les grands changements promis lors de votre campagne électorale et de vos différentes déclarations peinent à se concrétiser.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Il nous revient en toute honnêteté de reconnaître et saluer certaines bonnes avancées observées depuis votre avènement au pouvoir.

Il en est le cas de votre engagement à lutter contre les anciennes et vieilles pratiques en vous engageant à œuvrer exclusivement pour la bonne gouvernance et le respect des droits humains. Votre engagement à lutter sans merci contre la corruption avait aussi retenue notre particulière attention et nous vous y avons réservé tout notre accompagnement, étant donné que ce fléau reste l’un des grands maux qui gangrènent au plus haut niveau notre société et notre pays.

Nous ne pouvons ne pas aussi saluer votre ferme détermination à mettre en œuvre la gratuité de l’enseignement de base telle que voulue par notre charte constitutionnelle.

Mais, hélas, nous observons depuis quelques temps, non sans amertume, le retour très dangereux à certaines de ces vieilles pratiques, que vous et nous, avions pourtant combattu. Nous pouvons citer :

  • la réouverture des cachots et autres lieux de détention clandestins, œuvre de l’Agence Nationale de Renseignement, ANR ;
  • Des interpellations et poursuites judiciaires sur des faits d’opinion publique ;
  • Des attaques ciblées contre certains acteurs politiques et ceux de la société Civile et des mouvements citoyens ;
  • Des sanglantes répressions des manifestations tendant à étouffer toute voix discordante ;
  • La dangereuse tendance à instrumentaliser la justice pour des règlements des comptes et sauvegarde d’intérêts personnels voire politiques.

Excellence Monsieur le Président de la République ;

Ces dangereux reculs ne viennent qu’accentuer les déceptions et frustrations de plus d’un congolais.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Faut-il vous rappeler ici les principales priorités telles que annoncées par vous-même dans votre allocution le jour de votre investiture :

  1. La pacification de tout le territoire national en accélérant la lutte contre l’éradication des groupes armés qui sévissent et sèment la désolation auprès de nos populations ;
  2. La lutte contre la pauvreté par des actions sociales et une politique novatrice de cohésion nationale ;
  3. La réhabilitation et la consolidation d’un état de droit à travers des institutions solides, de proximité et équitables au service de l’emploi, de la jeunesse, de l’éducation, de la santé et de tous nos enjeux économiques et sociaux ;
  4. Une lutte efficace et déterminée contre la corruption et les antivaleurs notamment l’impunité, la mauvaise gouvernance, le tribalisme et autres ;
  5. La promotion de la presse et des médias pour en faire véritablement un quatrième pouvoir ;
  6. La valorisation de notre capital humain par la promotion des jeunes et des femmes ;
  7. Le développement des milieux ruraux par la construction des infrastructures sociales de base pour mieux maîtriser l’exode rural ;
  8. La simplification des procédures administratives dans les secteurs clés de la vie nationale pour favoriser le climat des affaires, le développement du tourisme, la libre circulation des biens et des personnes et l’accessibilité du citoyen à tous les services de l’Etat.

Près de deux ans après, ces priorités ne restent que des simples vœux. Le peuple d’abord ne se sent pas servi.

Bref, le pays et son peuple sont abandonnés à leur triste sort.

Ces frustrations et  autres déceptions étant légions, permettez-nous Excellence Monsieur le Président de la République, de nous atteler sur cinq aspects qui nous semblent aussi importants :

  1. DE LA CHERTÉ DE LA VIE 

Excellence Monsieur le Président de la République,

En cette période de marasme économique accentué par la crise de la pandémie à coronavirus, il nous revient de vous dire que vos concitoyens broient les noix. La misère et la souffrance dépassent aujourd’hui tout entendement.

Cette pauvreté extrême contraste honteusement avec les diverses et innombrables ressources naturelles nous pourvues généreusement par le bon Dieu. Il est anormal que les congolais continuent à mourir de faim alors que le potentiel de notre pays, avec ses 80 millions d’hectares de terres arables accessibles et ses 40 millions d’hectares de terres irrigables peut à lui seul éradiquer la faim dans le monde et permettre à notre pays d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Ces prétentions resteraient illusoires aussi longtemps que la répartition des richesses nationales va rester inégale. Les richesses ne devraient plus continuer à demeurer entre les mains d’une petite minorité de vous, les dirigeants au pouvoir hier, aujourd’hui et demain.

D’où, il nous revient de vous inviter à vous battre avec toutes vos forces pour que ces richesses et ressources soient redistribuées de manière équitable et nationalisée à tous les congolais. Il y a plus de honte d’avoir des riches que parmi et au sein de la classe politique et de vous les dirigeants au pouvoir.

Pour y arriver, nous vous prions de réduire très sensiblement le train de vie des institutions de la République, en commençant par la Présidence de la République qui s’illustre par des dépassements budgétaires avec une pléthore du personnel qui ne sait se justifier. Face à des moments de crise comme c’est le cas actuellement, tous les dirigeants responsables et amoureux de leur pays, se livrent à d’énormes sacrifices en acceptant même de céder leurs propres rémunérations.

Et comme si cela ne suffisait pas, il se pose avec acuité, le problème du taux de change et de la valeur de notre monnaie face aux dollars américains.  Cette instabilité du taux de change vient accroitre la misère de la population congolaise.

Il nous revient de vous prier, Excellence Monsieur le Président de la République, de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour « dédollariser » notre économie nationale en veillant primordialement et exclusivement sur les nationaux face aux investisseurs étrangers. C’est seul au Congo de Lumumba où les étrangers se livrent très paisiblement à l’exercice du petit commerce en violation de toutes les lois du pays.

Il est de votre obligation régalienne de protéger les congolais au pays comme ailleurs. Merci d’y veiller, Excellence Monsieur le Président de la République.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Plusieurs dizaines de milliers de vos administrés se sont vu escroquer de leur argent par des coopératives et autres institutions de micro-finance. La NDSCI, lors de deux audiences accordées à son Président National par votre Excellence vous aviez déjà alerté et sollicité votre implication personnelle et directe à ce sujet. Nous vous réitérons la même doléance.

Nous ne pouvons pas ne pas attirer encore votre particulière attention sur les conditions salariales des fonctionnaires de l’Etat. L’écart humiliant entre le petit groupe des dirigeants politiques et les autres catégories de fonctionnaires devrait vous interpeller aussi.

Les enseignants, policiers, militaires, magistrats, médecins, infirmiers,…il est temps que leur sort et traitement soient améliorés.

Avec la gratuité de l’enseignement de base, l’urgence devrait être accordée aux nouvelles unités, enseignants non payés et à la suppression des zones salariales. Il en va de la qualité et du niveau de formation de nos enfants, de la jeunesse, gage d’un avenir meilleur de la RDC.

  1. DES QUERELLES ET CHAMAILLERIES HUMILIANTES ET INTERMINABLES AU SOMMET DE L’ETAT

Excellence Monsieur le Président de la République,

Le peuple congolais en a marre des démêlés, injures et bagarres rangées entre les deux familles politiques actuellement au pouvoir dans notre pays, à savoir le FCC de votre prédécesseur et Sénateur à vie, SE Joseph Kabila Kabange et le CACH sous votre leadership personnel.

Le peuple  d’abord n’a pas besoin de toutes vos querelles, il attend de vous des réponses idoines à ses préoccupations et besoins vitaux.

Le Congo, c’est une grande Nation et doit avoir comme animateurs, des grands hommes et grandes femmes, capables du dépassement de soi pour l’intérêt suprême de la population.

Le Congo n’a pas besoin des dirigeants de la rue, mais plutôt ceux qui sont engagés pour le mieux-être de la population et le développement de leur pays.

Excellence Monsieur le Président de la République,

L’autre problème dans ce volet est l’entérinement, sans débat ni vote, pris par une partie des élus nationaux, de la très controversée candidature de M. Ronsard Malonda à la tête de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI.

Pour nous comme pour tout le peuple congolais dans sa majorité silencieuse, Malonda, étant l’un des principaux architectes de l’une des vastes fraudes électorales que le monde n’ait jamais connue, ne mérite pas cet honneur.

Autant lui que toute l’ancienne équipe conduite par leur patron, M. Corneille Nangaa, resté tristement célèbre dans la mémoire du tout bon citoyen congolais, doivent rendre des comptes au peuple congolais.

La CENI étant un pilier incontournable dans la consolidation  et le processus de la démocratisation de notre pays, nous refusons avec véhémence et fermeté sa confiscation par le FCC dans le but de se fabriquer une fois de plus la majorité parlementaire contre la volonté populaire comme ce fut le cas aux élections de 2018.

Le mal qui ronge cette institution d’appui à la démocratie étant si profond et embrasant toute l        a République, pour nous, l’audit et les différentes réformes électorales doivent précéder toute désignation des animateurs de la CENI.

Et pour y mettre fin, nous vous suggérons :

  1. De rendre public les accords qui lient vos deux familles politiques : si ces accords sont pour l’intérêt du Congo et de son peuple, il y aurait aucune honte de les publier, ne dit-on pas que « tout ce qui est fait pour nous, sans nous, l’est contre nous ? » et de vous affranchir de tout accord en vous fiant qu’au seul pacte constitutionnel qui lie l’ensemble du peuple congolais.
  2. Etant donné que politiquement, socialement et idéologiquement, vos deux courants politiques prouvent des limites à conjuguer pour l’intérêt du Congo, nous vous prions de vous servir de toutes les prérogatives constitutionnelles pour épargner la République de toutes ces tensions interminables qui mettent en péril l’avenir et le destin de toute une Nation.
  3. Il est aussi temps de matérialiser votre souci tel qu’annoncé lors de votre investiture, nous vous citons : « Nous ferons de la réconciliation nationale l’une de nos priorités. Nous sommes convaincus de l’urgence de mettre en place rapidement une véritable procédure d’écoute et de dialogue dans l’ensemble du pays en prélude à un Forum de réconciliation qui réunira toutes nos forces vives ». Ce forum national s’impose et urge.
  4. Garant du bon fonctionnement des institutions, nous vous invitons à sortir de votre torpeur et à s’assumer comme seul Commandant à bord afin d’épargner le peuple congolais de ce désastre et chaos en cours et qui risqueraient de s’aggraver si rien n’est fait. L’heure étant si grave, l’avenir de toute la Nation en péril, le peuple, ce « peuple d’abord » qui est l’incarnation et au centre même de votre vision, voudrait vous voir aux manettes et vous sentir. Il est temps de briser le silence.
  • DES BRUITS DE BOTTE, TUERIES, MASSACRES, INSÉCURITÉ ET BALKANISATION

Excellence Monsieur le Président de la République,

Il est fait quotidiennement échos des bruits de botte dans plusieurs parties de notre pays. Des groupes armés qu’on pensait réduits, reprennent du poil de la bête et mettent en mal la paix et la sécurité tant recherchées par votre Excellence.

De l’Ituri au Tanganyika, du Haut-Katanga au Nord-Kivu, du Sud-Kivu au Maniema, partout ce ne sont que des crépitements des balles et des bruits de botte.

Des congolais continuent à mourir comme des insectes sans aucune mesure de leur sécurisation.  Plus de huit millions de morts, c’en est déjà suffisant et nous en avons marre. Faites quelques choses pour nous sécuriser svp et réaliser vos promesses électorales.

Oui, en effet, les promesses, vous nous les avez données, c’est notamment celle d’installer votre Etat-major militaire à l’Est, plus précisément à BENI pour bien traquer les divers groupes armés, dont les tristement célèbres ADF qui continuent à nous endeuiller. Où en êtes-vous avec cette grande promesse, Excellence Monsieur le Président de la République ? Qu’est-ce qui bloquerait sa matérialisation ? Tout en saluant les percées et victoires de nos vaillants militaires contre les ADF, nous tenons à rappeler à votre Excellence que la situation sécuritaire demeure très préoccupante et mérite un traitement particulier et urgent.

Au lieu d’éteindre le feu dans les parties sulfureuses de la République, nous assistons à l’émergence d’autres foyers de tension armée mettant en mal la paix et la stabilité du pays.

Excellence, nous voudrions aussi attirer encore une fois votre particulière attention sur la situation prévalant dans les hauts et moyens plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga et qui tend vers l’irréparable.

Ces tensions accentuées par des discours divisionnistes et aux connotations tribales et communautaires exposent très dangereusement la paix et la cohésion nationale. Comme nous avons eu à vous le dire de vive voix lors de l’audience nous accordée par votre Excellence, le 05 novembre 2019 dans vos bureaux à la cité de l’Union Africaine à Kinshasa, les tireurs des ficèles de toutes ces tensions se retrouvent parmi les acteurs et responsables politiques originaires de ces coins. Les pauvres populations ne sont que victimes de leurs manipulations politiciennes pour des fins égoïstes de positionnement politique.

Il est donc hors de question d’espérer trouver des solutions durables à ces conflits en recourant aux services de ces mêmes leaders politiques.

Nous vous suggérons donc de recourir à d’autres approches notamment celle du bâton et de la carotte.

Engager des véritables opérations militaires avec des éléments issus d’autres unités et provenant d’autres régions de la République afin d’éradiquer tous ces groupes armés se déclarant de protection de leurs communautés. L’Etat doit apprendre à assumer et imposer son autorité.

Ce n’est qu’après l’anéantissement de ces groupes armés qu’un véritable dialogue entre communautés pourrait être entamé en responsabilisant plus la société civile que les acteurs et leaders politiques.

Face à ces tensions, massacres et autres tueries, dont le dernier massacre de KIPUPU au Sud-Kivu, et pour avoir haussé les voix et appeler à l’unité nationale, certains des meilleurs citoyens qu’a la République, sont diabolisés, menacés et la cible de toutes les attaques du monde.

Il en est le cas, du très respecté et digne fils de la République, le meilleur de tous les congolais sur le plan image et crédibilité, nous citons le Prof Dr Dénis MUKWEGE. Nous voudrions officiellement attirer votre attention personnelle afin de vous investir pour assurer une sécurité irréprochable au Premier Prix Nobel de la paix de l’histoire de notre pays. Le Dr Dénis MUKWEGE mérite mieux reconnaissance et sécurité toute spéciale de la part de notre Etat.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Pour venir à bout de l’insécurité généralisée à l’Est, nous vous le réitérons encore une fois, nos forces armées et de sécurité méritent un grand toilettage et vetting. Nous saluons les dernières mises en place opérées au sein des FARDC, et nous vous encourageons à poursuivre sur cette lancée en extirpant de nos FARDC tous ces éléments infiltrés et d’autres fictifs qui servent d’enrichissement illicite à des hauts gradés.

  1. DE VOTRE ENGAGEMENT À LUTTER CONTRE LA CORRUPTION 

La corruption étant le plus grand mal qui ronge l’ensemble de notre société, la combattre avec énergie et abnégation reste une des voies de début de la renaissance et du développement de notre pays.

Nous devons saluer la mise en place par votre Excellence de l’Agence nationale de Prévention et Lutte contre la Corruption. Nous espérons que l’APLC ne sera pas une institution budgétivore de trop et qu’elle se mettra résolument au travail. La Nouvelle Dynamique de la Société Civile et d’autres organisations citoyennes sont disposées à fournir leur accompagnement à toutes ces nouvelles structures publiques mises en place par votre Excellence afin de lutter contre ce mal qui gangrène au plus haut niveau l’ensemble de notre société.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Il est illusoire si pas utopique ou démagogique de parler de la lutte contre la corruption et le détournement d’argent sans châtiment de celles et ceux qui trempent dans des telles situations et qui  sont bien connus : l’impunité nourrit la corruption et le vol d’argent du peuple congolais. Nous aurions voulu vous voir sévir avec force et abnégation contre tous ces mauvais citoyens, peu importe leurs rangs et la nature de vos alliances et liens. Ce n’est qu’à ce prix qu’un autre Congo sera possible.

Nous tenons à exprimer ici notre total soutien à l’éveil et travail patriotiques qui se remarquent depuis un temps au niveau de l’appareil judiciaire et de l’inspection générale des finances où des enquêtes sérieuses sont actuellement en cours dans plusieurs secteurs. Nous voudrions solliciter de votre Excellence un traitement particulier à l’endroit de tous ces bons citoyens qui sont animés du désir de lutter contre les détournements des deniers publics et vous prions de bien vouloir étendre ces enquêtes et poursuites sur l’ensemble de la République où des« tous puissants gouverneurs » pensent être en dehors de la République.

  1. DE L’OBLIGATION D’UNE JUSTICE RÉPARATRICE

Excellence Monsieur le Président de la République,

Il est de notoriété publique qu’aucune Nation du monde ne s’est développée ni élevée sans une véritable justice.

Certes, les filles et fils du Congo ont l’obligation de se réconcilier et de parler un même langage pour l’émergence de notre pays, mais cela ne pourrait être possible et plus bénéfique que si la justice était rendue. Il est chimérique de demander aux bourreaux d’hier de cohabiter en toute tranquillité avec leurs victimes. S’interdire de fouiner dans le passé au nom d’une pseudo alliance politique est une autre grosse erreur de ce début balbutiant de votre quinquennat. Il est possible de vivre votre alliance politique tout en militant pour que la justice soit rendue à toutes les victimes de la barbarie tant humaine qu’économico financière.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous saluons encore une fois votre souci et engagement pour un Etat de droit dans notre pays. Mais, laissez-nous vous exprimer nos sérieuses craintes sur des risques d’une justice sélective et à double vitesse. S’il faut sanctionner toutes les personnalités impliquées dans les malversations, nous pensons que ceci devrait concerner tout le monde et non se limiter à des victimes expiatoires.

Ainsi donc, nous invitons votre Excellence à veiller personnellement afin que la justice ne soit confisquée par une famille politique pour se servir comme bouclier et protéger son pouvoir et éliminer des potentiels adversaires politiques.

Nous vous prions aussi Excellence Monsieur le Président de la République de mettre fin à la justice des riches et des forts. Ainsi, nous sollicitons de votre Excellence une attention toute particulière sur le dossier dit MBOBERO où des citoyens victimes d’expropriation, destructions méchantes et autres crimes contre l’humanité viennent de répondre à votre appel sur la nécessité d’un Etat de droit en RDC en intentant une action en justice contre votre prédécesseur.

Cette injustice criante et inhumaine qui frappe depuis 2016 cette population mérite une attention toute particulière de vous-même ainsi que de vos services. Il est inadmissible et inhumain qu’un tout puissant Président de la République, disposant déjà de tous les moyens, puisse déguerpir des pauvres paysans sans moyens et aller jusqu’à détruire même un Hôpital sans tenir compte non seulement des malades qui s’y trouvaient, mais aussi de l’intervention chirurgicale qui était en cours, poussant des malades avec des sérums à prendre diverses destinations, au risque de leurs vies.

Le « peuple d’abord » de MBOBERO, MBIZA et MURHUNDU compte et attend beaucoup de vous.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Pour conclure cette adresse, nous vous disons que la réponse à toutes ces préoccupations citoyennes vous voudra le retour à la confiance que le peuple congolais a placée en vous. Yes we can ! Because we can ! Oui, nous pouvons, parce que nous pouvons ! Et ensemble nous le pouvons. La NDSCI, Société civile de proximité croit que la situation peut encore changer et l’avenir des Congolais peut rayonner à l’instar d’autres peuples de l’humanité.

Fait à Bukavu, le vendredi 14 août 2020.

Pour la NDSCI et TLP,

Jean-Chrysostome KIJANA,

Président National et Vice-Président International du Collectif Tournons La Page.