COMMUNIQUE DE PRESSE N°17/NDSCI/DN/04/2021 RELATIF A LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN PROVINCE DU SUD-KIVU

Bukavu, le 08 Avril 2021

« Pendant que vous vous disputez, les petits citoyens continuent à souffrir… »

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo, NDSCI – CHUNVI YA CONGO suit avec grande sidération la saga politique en cours actuellement dans la Province du Sud-Kivu où les deux institutions phares de la Province, à savoir le législatif et l’exécutif vivent à couteau tiré et nous bonifient des scènes exécrables et qui n’ont rien ni d’excellence encore moins d’honorabilité.

La NDSCI note avec indignation que toutes ces guéguerres politiques et politiciennes interviennent à un moment de forte turbulence politique au niveau national où le pays tout entier est aujourd’hui presqu’en arrêt suite là aussi aux mêmes querelles et chamailleries des politiques qui, suite à leur légendaire égoïsme et cupidité, sont incapables jusqu’à ce jour de doter le pays d’un gouvernement qui pourrait s’occuper des questions primordiales de survie du peuple congolais et de toutes ces récurrentes crises institutionnelles qui embrasent les provinces, dont celle en cours actuellement au Sud-Kivu.

Pendant que les politiques passent leurs temps à s’injurier, se chamailler, se tacler, se poser des peaux de banane et autres coups bas en vue de leurs propres intérêts mesquins, les petits congolais ne cessent de souffrir. Le peuple est totalement abandonné à son triste sort. Que ce soit au niveau national comme dans les provinces, tous se battent non pas pour l’intérêt suprême de la population, mais plus pour leurs intérêts partisans comme pour confirmer que les politiques se battent pour accéder au pouvoir et une fois arrivé, y demeurer le plus longtemps possible.

Mais, est-il que faire la politique devrait, de nos jours, être l’apanage d’hommes et femmes de grande valeur capables de transcender leurs égos pour l’ensemble de la communauté. Mais, hélas, nous vivons le contraire tant au niveau national qu’à celui des provinces.

Pendant qu’ils se bagarrent à la Botte (Nyamoma – Hémicycle) les armes ne cessent de crépiter dans les hauts et moyens plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira avec tout ce qu’on a de corolaire d’une guerre qui pisse encore à connotation tribalo-communautaire.

Pendant qu’ils se regardent en chats et souris à Nyamoma et La Botte, dans les hauts et moyens plateaux de Kalehe ce qui étaient des bruits de botte se transforment aujourd’hui en une nouvelle zone de guerre qui, là aussi, prend, malheureusement des allures de connotation tribalo – ethnique.

Bref, tous les indicateurs sont au rouge et le péril est en notre demeure.

Face à ce péril qui nous guette tous et qui n’épargnerait personne, la NDSCI, société civile de proximité, dans son rôle légendaire d’Eglise au milieu du village, fait la présente déclaration dont la teneur suit :

  1. La NDSCI soutient et soutiendra toujours toute initiative émanant tant de l’Organe délibérant que de l’Exécutif provincial et qui aurait pour seule visée l’amélioration des conditions sociales, économiques et sécuritaires de l’ensemble de la population du Sud-Kivu ;
  2. La NDSCI réitère son indéfectible attachement aux valeurs cardinales et universelles de la démocratie, notamment : la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de manifestation, la liberté de réunion, la tolérance et l’acceptation de la diversité d’opinions.

Dans ce même ordre d’idées, la NDSCI soutient et soutiendra toujours toute initiative parlementaire allant dans le sens de la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance dans la Province du Sud-Kivu et invite les honorables députés provinciaux à se servir de cette arme « conventionnelle » non pas pour des règlements des comptes politiques, mais plutôt comme un outil concourant à l’amélioration du bien – être de l’ensemble de la population.

Dans la même logique, la NDSCI invite aussi le Gouvernement Provincial à faire preuve de redevabilité en rendant régulièrement compte de sa gestion devant la représentation provinciale du peuple du Sud-Kivu et en se mettant à l’écoute et au service de ses administrés.

  1. La NDSCI, dont la philosophie est celle de la non-violence, condamne véhément toute forme de violence et d’intolérance en cette période où les esprits sont surchauffés de tous bords. Au demeurant et au-delà de tout clivage, ce qui doit nous unir est plus fort que ce qui peut nous diviser.
  2. Etant entendu et prouvé que les problèmes à la base de l’instabilité institutionnelle au Sud-Kivu avec comme principale corolaire son sous-développement ne se poseraient pas sur des individus, mais plutôt sur certains comportements peu orthodoxes et beaucoup plus sur des systèmes et autres officines socio-politiques en œuvre sur place au Sud-Kivu et beaucoup plus à Kinshasa ; la NDSCI réitère son appel de la convocation dans l’urgence des états généraux de la Province du Sud-Kivu afin de poser sans passion ni esprit partisan un véritable diagnostic de tous les maux qui, en dépit de tous les changements d’individus opérés, faisant de notre province la championne en ce domaine, l’empêchent de prendre son envol à l’instar de ses provinces voisines du Nord-Kivu, le Maniema et le Tanganyika,…).

Le mal étant très profond, les réflexions et revendications des uns comme des autres déjà émaillées de partisannerie et tendant vers une dangereuse sècheresse d’esprit, la NDSCI demeure convaincue que sans ce véritable diagnostic dépassionné et non partisan, on changerait même 1 millions de fois des gouvernements provinciaux et des bureaux de l’Assemblée Provinciale, mais, les mêmes causes restant intactes, elles finiront par produire les mêmes effets et ça sera la poursuite de notre cercle vicieux et le peuple sera comme toujours la principale si pas l’unique victime.

  1. La NDSCI, invite donc les uns et les autres à mettre un peu d’eau dans leur vin et de voir comment sauver ce qui peut encore l’être et ça serait pour le bien de toute la Province et de toute la République.

C’est ainsi que la NDSCI, tout en se gardant d’entrer dans des pugilats purement politiques, elle, étant société civile, encourage les deux grandes institutions de la Province à recourir à l’arbre à palabre cher à toutes nos coutumes afin de voir comment mettre fin à cette crise qui ne profite pas à la population et dont l’issue, peu importe sa forme et son camp, risquerait de plonger davantage la Province dans des situations plus désastreuses.

Pour la NDSCI, il y a lieu d’apaiser d’abord les esprits et par la suite libre à chaque acteur (exécutif comme législatif) d’exercer ses différentes prérogatives telle que les leur conférées par les lois de la République.

Ce dialogue est bien possible dans le cadre des échanges inter institutionnelles avant d’arriver à cette grande messe des états généraux de la Province qui s’impose.

Pour la NDSCI – CHUNVI YA CONGO,

Nicolas LUBALA RIZIKI,

Président Provincial

liste des présidents des noyaux en annexe.