COMMUNIQUE DE PRESSE NDSCI / DN.37/2017 RELATIF A LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN RDC en Général et en Province du Sud-Kivu en particulier

Bukavu, le 19 mai 2017

« Le peuple veut les élections et l’amélioration de ses conditions de vie… »
La Nouvelle Dynamique de la Société Civile en République Démocratique du Congo, NDSCI-CHUNVI YA CONGO, suit avec intérêt soutenu l’évolution dégradante de la situation socio-politique de la RDC.
I. DE LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN RDC:
– La NDSCI constante avec amertume l’échec patent de la classe politique congolaise à outrepasser leurs luttes et querelles intestines et qui n’ont rien de bénéfique au peuple congolais, si pas la recherche de leurs propres intérêts mesquins et égoïstes. L’échec des négociations et le sabotage de l’accord de la Saint Sylvestre en est une preuve éloquente.
– La NDSCI déplore et fustige avec la dernière énergie les dernières sorties médiatiques de la Majorité Présidentielles et certains propos contenus dans le discours-programme du Premier Ministre Bruno Tshibala tendant à confirmer nos craintes sur la volonté manifeste de la majorité présidentielle en complicité avec une certaine opposition politique sans constance et corrompue, tendant à brader les avancées démocratiques acquises au prix du sang dans notre pays. Evoquer la possibilité d’un referendum et la prétention de mener des études pour réadapter les modes et systèmes électoraux en RDC, constituent une véritable provocation et moquerie à l’endroit du peuple congolais. Ce peuple qui ne jure que par et pour la tenue des élections d’ici la fin de l’année 2017 afin de lui permettre d’exercer un de ses droits les plus fondamentaux, en l’occurrence celui de se choisir librement ses dirigeants.
– La NDSCI trouve inappropriée la décision de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de sursoir à l’enrôlement des électeurs dans deux provinces de l’espace Kassaï. La NDSCI pense que cette mesure de la CENI vient corroborer ses craintes sur l’intention de la Majorité Présidentielle à se cacher derrière des troubles sécuritaires pour justifier la non tenue des élections.
– La NDSCI, tout en déplorant et en condamnant l’attaque contre la prison centrale de Kinshasa, s’étonne de la facilité avec laquelle elle s’est menée. Attaquer aussi facilement le plus grand centre pénitentiaire du pays qui est aussi le plus sécurisé, prouve en suffisance que les services de sécurité ont des graves insuffisances. Et pour cela, la NDSCI pense que les responsabilités devraient être établies et les responsables de différents services de sécurité, y compris certains responsables politiques, dont le ministre d’Etat en charge de la justice devraient démissionner et à défaut purement et simplement révoqués.
– La NDSCI déplore avec grande inquiétude la détérioration de la situation socio-économique généralisée au pays. La dépréciation vertigineuse de la monnaie nationale entraine des graves répercussions sur le vécu quotidien et le panier de la ménagère des citoyens congolais.
Face à ce tableau aussi sombre, la NDSCI :
– lance encore une fois un appel solennel et pathétique à l’endroit de l’ensemble du peuple congolais l’invitant à faire preuve de plus d’engagement citoyen. Seule une pression populaire peut sauver notre pays du désastre et de la confiscation de notre pouvoir de souverain primaire. Il serait utopique d’attendre un quelconque résultat de la classe politique actuelle ;
– invite donc toutes les forces vives et sociales de la République, les différents courants de la société civile, les mouvements citoyens à faire bloc uni en vue d’exiger, dans un premier temps, de la CENI la publication d’un calendrier électoral clair et précis et par la suite l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes d’ici la fin de l’année 2017 ;
– A cet effet, la NDSCI et ses organisations partenaires, lanceront dès la semaine prochaine des actions citoyennes de grande envergure sur toute l’étendue de la République pour revendiquer nos droits fondamentaux, notamment : le droit d’élire nos dirigeants, le droit à des conditions de vie meilleure ainsi que le droit à la sécurité et à la vie ;
– Invite enfin, la population congolaise à se ranger en ordre utile de bataille, conformément à l’article 64 de notre constitution, pour repousser et s’opposer jusqu’au sacrifice suprême, à toute tentative ou initiative d’un éventuel référendum constitutionnel visant à instaurer la dictature et la pensée unique dans notre pays.

II. DE LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN PROVINCE DU SUD-KIVU
La NDSCI note avec grande déception la situation de paralysie généralisée qui s’apparente à une forme de faillite de la Province du Sud-Kivu. Toutes les institutions publiques de la Province se trouvent aujourd’hui paralysées suite à une mauvaise gestion généralisée qui caractérise l’Exécutif provincial du Sud-Kivu. Presque tous les services en commençant par le gouvernement provincial jusqu’aux ETD connaissent plusieurs mois impayés, plus de dix mois pour certains. Cet état de chose crée la démotivation des agents et les expose à plusieurs mauvaises pratiques, dont la corruption, la concussion,…Les citoyens ne bénéficient plus des services de qualité qu’ils sont sensés recevoir de ces agents de l’Etat.
La NDSCI déplore et condamne avec la dernière énergie la recrudescence de l’insécurité sur l’ensemble de la Province du Sud-Kivu. En moins de deux mois (d’Avril 2017 à nos jours), plus de 20 cas d’assassinats par balle ont été enregistrés sur plusieurs coins de la Province, notamment à Bukavu, sur l’axe Kabare-Nord et à Uvira.
Tous ces cas d’assassinats demeurent impunis et ne suscitent aucune réaction d’envergure de la part des autorités. Tout se passe comme si la vie humaine et la sécurité des citoyens n’est pas leur préoccupation majeure.
Face à tout ce qui précède et dans le souci de prévenir le pire, la NDSCI :
– invite les autorités nationales à dépêcher en toute urgence une mission d’enquête en Province du Sud-Kivu afin d’établir les responsabilités sur la situation de quasi faillite que traverse actuellement la Province du Sud-Kivu ;
– Invite le Gouverneur de Province, premier responsable de la Province à tirer toutes les conséquences possibles de la situation de crise que traverse sa Province en y trouvant des solutions et à défaut, à rendre le tablier avant que la population du Sud-Kivu ne l’y contraigne ;
– Invite la population à sortir de sa naïveté et peur afin de revendiquer, dans le respect des lois de la République, son bien-être ;
– Pour y parvenir, la NDSCI et ses organisations partenaires, se réservent le droit d’initier dans les touts prochains jours, des actions citoyennes de taille afin d’obtenir plus de sécurité et des conditions de vie acceptables et humaines.

Pour la NDSCI,
Jean Chrysostome KIJANA,

Président National.