Par rfi:

L’affaire fait grand bruit à Mbobero, dans le Sud-Kivu. Un défenseur des droits de l’homme a été froidement abattu, dimanche 6 décembre, par un des gardes de la concession acquise par l’ex-président, Joseph Kabila. Le procès qui se tient sur place à Mbobero devant le tribunal militaire est révélateur sur plusieurs points, notamment la régularité de la présence de ces militaires dans le coin.

Avec notre correspondant en RDC, Kamanda Wa Kamanda

Dimanche 6 décembre, Irenge Patrick Kafarire est froidement abattu dans le village de Mbobero. Ce défenseur des droits de l’homme a tenté d’empêcher le sergent Bwira Malira d’arracher un téléphone portable à une femme. L’homme en uniforme braque son arme sur Patrick Irenge et tire à bout portant. La foule alentour s’affole, des émeutes éclatent.

Quels effectifs militaires ?

Plusieurs questions se posent qui concernent notamment les effectifs des militaires à Mbobero, les unités auxquels ils appartiennent, et même leurs activités réelles. Selon des sources sur place, aucun militaire dans cette concession n’est porteur d’un document officiel d’affectation. Hier, vendredi 18 décembre, tout comme au premier jour des audiences mercredi, les avocats des parties civiles ont demandé la présence aux prochaines audiences de Joseph Kabila lui-même ainsi que celle de tous les officiers qui gèrent les dossiers de la concession de Mbobero. Le tribunal donnera sa réponse mercredi prochain.

Questions sur la procédure

Par ailleurs, Jean-Chrysostome Kijana, coordinateur de l’ONG Tournons la page, déclare que la population, elle aussi, émet des doutes sur la régularité de la procédure qui a permis à Joseph Kabila d’acquérir environ 300 ha de terres à Mbobero.